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L'épicerie en ligne, une nouvelle mode payante

La révolution alimentaire sera numérique, ou ne sera point : plusieurs géants du commerce en ligne, mais aussi des entreprises bien d'ici, testent déjà ou testeront bientôt des services de commande de produits d'épicerie en ligne. Une nouvelle facette de l'industrie alimentaire qui vaudra bientôt son pesant d'or.

L'annonce avait fait grand bruit : le mastodonte Amazon, après avoir mis la main sur la chaîne américaine haut de gamme Whole Foods, l'an dernier, ouvrait récemment les portes d'une première succursale d'Amazon Go, une épicerie sans caisses enregistreuses où les produits retirés des tablettes sont directement ajoutés à la facture des consommateurs.

Le compte de ceux-ci est ensuite débité automatiquement via une application pour téléphone intelligent.

En agissant de la sorte, Amazon s'installe un peu plus à terme dans le secteur de l'alimentation, dans l'intention avouée d'en transformer le fonctionnement traditionnel.

Ce mode transactionnel est d'ailleurs déjà offert sous une déclinaison quelque peu différente dans quelques magasins de la chaîne Walmart, au Canada, et l'épicier Metro entend de son côté procéder à des tests de ce système, en plus d'accélérer le déploiement des caisses en libre-service.

L'épicerie à la maison

Pour d'autres entreprises du secteur de l'alimentation, il faut s'attaquer différemment au « problème » de l'expérience traditionnelle des achats en épicerie.

Plutôt que de réduire potentiellement le temps passé en magasin par les consommateurs, on propose plutôt d'offrir une expérience de magasinage en ligne, et de faire ensuite livrer les victuailles à domicile.

Aux États-Unis, Amazon joue sur les deux tableaux, celui de la commande accélérée en magasin, mais aussi celui du magasinage à distance, en offrant la livraison du panier d'épicerie.

Au Canada, chez Sobeys, propriétaire d'IGA, et Loblaws, propriétaire des magasins du même nom et des épiceries Provigo, on se prépare à l'arrivée du mastodonte américain en planchant sur des projets numériques.

Selon Jordan Lebel, professeur agrégé de marketing à l'Université Concordia, il est plus que temps de se tourner ainsi vers le numérique; histoire, en premier lieu, de tâter le terrain avant qu'Amazon ne débarque, mais aussi pour profiter du pouvoir d'achat grandissant de la génération du millénaire, qui est plus à l'aise que ses aînés en matière d'achats en ligne.

« On prévoit qu'en 2025, [...] il y aura à peu près 100 milliards de dollars de dépenses alimentaires qui s'effectueront à travers le commerce électronique », indique-t-il.

Ce montant représenterait environ 15 % des achats actuels annuels de nourriture au pays.

« Supermagasins » et robots

Chez Metro, on planche sur des « supermagasins » en étendant un service déjà offert à environ la moitié des clients québécois, où un employé prépare la commande du consommateur avant d'en effectuer la livraison.

Du côté de chez Provigo, on offre plutôt de commander en ligne, puis de passer en magasin récupérer ses achats.

IGA, enfin, veut plutôt construire un gigantesque centre de distribution robotisé où des engins automatiques rempliraient un panier d'épicerie en à peine cinq minutes, soit bien plus rapidement qu'un préposé humain.

La clé pour l'emporter sur ce nouveau champ de bataille alimentaire? Assurer la rapidité de la livraison, mais aussi la fraîcheur des produits. Sans ces deux aspects, les consommateurs risquent de se tourner vers un autre détaillant, ou d'arpenter encore longtemps les allées des épiceries, en remplissant leur panier à l'ancienne.

Avec les informations de Laurent Therrien

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