Le système de péréquation, l'éternelle pomme de discorde entre les provinces canadiennes, faisait l'objet d'une conférence à Calgary, mercredi.

La péréquation est un programme fédéral qui permet aux provinces, peu importe la force de leur économie, d’offrir des services publics comparables.

La formule est révisée tous les cinq ans et doit l'être avant la fin de l'exercice financier 2019-2020.

En Alberta, beaucoup de politiciens provinciaux dénoncent le programme. Le chef du Parti conservateur uni, Jason Kenney, menace même de tenir un référendum sur la question s’il est élu lors des élections provinciales de 2019.

Ceux qui dénoncent la péréquation estiment qu'il est injuste que l'Alberta finance des provinces plus pauvres, comme le Québec qui touche un peu plus de 50 % des quelque 19 milliards de dollars versés par le programme.

Il est vrai que le Québec touche la part du lion des paiements, avec un peu plus de 11,7 du total des 18,9 milliards de dollars en péréquation pour l’année 2018-2019. Six provinces reçoivent actuellement des paiements en vertu du programme, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec, l’Ontario et le Manitoba, alors que la Colombie-Britannique, l'Alberta et la Saskatchewan y contribuent.

Pour le chercheur Trevor Tombe de l'École des politiques publiques de l'Université de Calgary, il existe beaucoup de fausses idées liées à la péréquation. « De nombreuses personnes croient que l’Alberta verse des milliards au Québec et que c’est même une raison pour laquelle le gouvernement provincial est en déficit, alors que ce n’est pas du tout le cas », explique-t-il.

La péréquation est un programme fédéral, tiré à même les impôts perçus par Ottawa. Comme l'Alberta a plus de grosses fortunes, les Albertains contribuent davantage au programme, mais il ne s'agit pas d'un transfert de province à province.

Trevor Tombe ajoute que comme toutes les autres provinces canadiennes, l'Alberta touche des transferts en santé et pour ses services sociaux.

« L’Alberta reçoit beaucoup des transferts, comme toutes les autres provinces canadiennes », lance-t-il.

Même si la péréquation doit être révisée en 2019, Trevor Tombe dit qu’il est peu probable que l'Alberta se mette à recevoir des paiements de péréquation. L'économie continue d’y être plus forte que celle d'autres provinces, même si celle-ci va moins bien actuellement.

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