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L'Î.-P.-É. optimiste pour la prochaine saison des croisières

L'industrie du tourisme à l'Île-du-Prince-Édouard s'attend à une autre année record pour les croisières, malgré la limite de vitesse qui est imposée aux navires dans le golfe du Saint-Laurent afin de protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord.

Le premier bateau de croisière de la saison, le Veendam, transportant 1350 passagers, est attendu mercredi à 8 h dans le port de Charlottetown. L'autorité portuaire attend 92 navires d'ici le mois de novembre, pour un total de 117 000 passagers.

L'Adventure of the Seas, qui transporte 3100 passagers, doit visiter la capitale insulaire à trois occasions à compter du 14 septembre. Le Royal Princess, qui transporte 3600 passagers, est attendu à deux occasions au mois d'octobre.

« Croissance vertigineuse »

« C'est comme si c'était Noël pour nous », affirme Corryn Clemence, la responsable du développement des affaires au port de Charlottetown. « Nous assistons à une croissance vertigineuse [du nombre de visiteurs], année après année. »

En 2016, quelque 68 000 croisiéristes ont franchi les tourniquets du port de Charlottetown. L'an dernier, ils étaient plus de 90 000.

Chaque passager dépense en moyenne 100 $ à l'Île-du-Prince-Édouard, selon l'autorité portuaire.

Il s'agit d'une véritable manne pour les commerçants, comme Barbara McLean, qui exploite une boutique de souvenirs à Charlottetown. « Je ne souhaite que deux choses : qu'il n'y ait pas d'annulations et pas de grands vents qui empêchent les navires d'entrer dans le port. »

L'été dernier, Transports Canada a imposé une limite de vitesse dans le golfe du Saint-Laurent afin de réduire les risques de collision mortelle avec des baleines noires de l'Atlantique Nord. Cette mesure a mené à l'annulation d'une dizaine de croisières à Charlottetown.

L'an dernier, une douzaine de baleines noires sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent, loin de leur habitat naturel. La population totale de l'espèce est d'environ 450 individus, dont approximativement 100 femelles en âge de reproduction.

« Personne ne savait que les baleines allaient se retrouver dans le golfe. Le gouvernement a fait ce qu'il a pu pour protéger les baleines. Tout le monde a dû s'ajuster très rapidement à la situation », explique Corryn Clemence.

Voies de navigation

Cette année, les responsables de l'industrie du tourisme à l'Île-du-Prince-Édouard ne s'attendent pas à autant d'annulations de croisières. D'une part, les compagnies de croisières ont eu le temps de prévoir leurs itinéraires en conséquence. D'autre part, Transports Canada a désigné deux voies de navigation dans le golfe où les navires n'ont pas à ralentir à moins que la présence d'une baleine ne soit signalée.

« Les compagnies de croisières savent à l'avance [qu'il pourrait y avoir une limite de vitesse] et ils peuvent bien se préparer », affirme Brenda Gallant, la directrice du marketing pour Tourisme Île-du-Prince-Édouard. « Tout le monde a bien travaillé ensemble pour protéger les baleines tout en maintenant les croisières. »

D'après un reportage de Julien Lecacheur.

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