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L'immobilier encore en forte croissance au pays

Le prix des propriétés sur le marché immobilier canadien a connu une croissance supérieure à 10 %, sur une base annuelle, au deuxième trimestre, sous l'effet combiné des gains prometteurs enregistrés dans la région de Montréal, du ralentissement de la bulle expansionniste à Toronto et de la reprise de la croissance à Vancouver.

Un texte de Joëlle Girard

C’est ce qui ressort de la « Synthèse nationale des prix des maisons de Royal LePage », un rapport publié jeudi qui s'appuie sur les données concernant l'indice de prix des propriétés dans 53 des plus grands marchés immobiliers au pays.

« À la suite d'une période de disparité régionale sans précédent dans les activités et la hausse des prix, nous commençons à voir un retour progressif vers une saine croissance dans la majorité des marchés immobiliers canadiens », a déclaré Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage.

Au Canada, le prix médian d’une maison a augmenté de 13,8 % sur un an pour atteindre 609 144 $ au deuxième trimestre, une croissance nettement supérieure au taux d’inflation qui était de 1,3 %, sur une base annuelle, en mai.

Plus précisément, le prix d'une maison à deux étages a augmenté de 14,6 % sur 12 mois pour atteindre 725 391 $, tandis que le prix d'une maison de plain-pied a bondi de 10,7 % pour se chiffrer à 511 965 $. Pendant la même période, le prix d'un appartement en copropriété a augmenté de 13,4 % pour atteindre 397 826 $.

Selon Phil Soper, la baisse récente des ventes dans la région de Toronto « pourrait bien signaler le retour à des eaux plus calmes pour la province ».

« L'augmentation de 20 à 30 % des valeurs résidentielles sur 12 mois qui a caractérisé Toronto et ses régions adjacentes au cours des derniers mois n'est pas, à notre avis, durable ou saine », a-t-il expliqué. Le rapport indique par ailleurs une croissance de 24 % dans la région de Toronto au second trimestre, pour atteindre 837 232 $.

Du côté de Vancouver, où les non-résidents se voient imposer une taxe de 15 % à l’achat d’une propriété depuis l’automne dernier afin de ralentir la surchauffe, la croissance est de retour au deuxième trimestre. Royal LePage évalue l'accroissement du prix d’une maison à 2,6 %, ce qui pousse sa valeur à 1,18 million de dollars.

Des gains exceptionnels au Québec

Au Québec, les « performances exceptionnelles » de l’économie se reflètent sur le marché immobilier des principaux centres urbains.

Le prix des maisons dans la région de Montréal a avancé de 6,2 % par rapport au deuxième trimestre de 2016 pour s'établir à 372 071 $. Une croissance propulsée par les quartiers du centre de la ville, qui ont connu un gain de 9,1 % sur un an. La valeur médiane des propriétés se chiffre maintenant à 463 787 $.

Selon les données de la Chambre immobilière du Grand Montréal, 13 764 ventes résidentielles ont été réalisées au cours du deuxième trimestre, ce qui représente une hausse de 8 % par rapport à la même période l'an dernier.

« C'est en dépit des resserrements hypothécaires en vigueur depuis l'automne [2016] que l'année 2017 a démarré de belle façon  , souligne Paul Cardinal, directeur du service Analyse du marché de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

« La vigueur exceptionnelle du marché de l'emploi et la hausse marquée du solde migratoire l'an dernier ont stimulé la demande d'habitations », ajoute-t-il.

« Montréal célèbre son 375e anniversaire cette année, et la célébration s'accompagne d'un sentiment d'optimisme renouvelé », a renchéri Phil Soper.

La Ville de Québec a également vu le prix médian de ses propriétés augmenter de 3,8 %, à 299 377 $.

Sur la Rive-Nord de Montréal, la croissance est toutefois plus modeste, à 2,2 %, ce qui établit le prix médian des propriétés à 295 577 $. Sur la Rive-Sud, on parle plutôt d’une progression de 3,4 %, à 331 932 $.

La Banque du Canada a augmenté mercredi son taux directeur de 0,5 % à 0,75 %, la première hausse des taux d'intérêt en sept ans.

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