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L'impact de la tragédie de Fort McMurray sur le PIB du Canada sera « à peine perceptible »

Le Conference Board du Canada estime que l'impact des incendies de forêt à Fort McMurray sur le produit intérieur brut (PIB) du Canada sera « à peine perceptible » en 2016. Il pourrait se limiter à 0,06 %, selon une note d'information transmise aux médias.

Un texte de François Messier

L'impact sera évidemment plus significatif en Alberta. Estimant que la production de pétrole aura diminué en moyenne de 1,2 million de barils pendant 14 jours, l'organisme de recherche évalue les pertes à 985 millions de dollars ou 0,33 % du PIB pour l'année en cours.

L'impact sera plus marqué au second trimestre, avec une baisse attendue du PIB de 1 %, malgré la perspective que plusieurs compagnies qui exploitent les sables bitumineux seront vraisemblablement en mesure de reprendre « rapidement leurs activités ».

Pour l'Alberta, le PIB ne sera que « légèrement négatif » pour l'année 2016, indiquent les auteurs de la note, Pedro Antunes et Marie-Christine Bernard.

Ils concèdent cependant qu'il est encore trop tôt pour évaluer avec précision le temps qu'il faudra pour que la production retrouve son rythme normal. Il faudra d'abord que les travailleurs résidant à Fort McMurray puissent retourner au travail, ce qui n'est pas encore le cas.

L'activité économique se déplace

« L'impact de l'arrêt des activités à Fort McMurray et dans l'industrie des sables bitumineux est un coup dur pour l'économie locale à court terme », croient les auteurs. « Au niveau provincial cependant, une bonne partie de l'activité perdue à Fort McMurray se produira ailleurs ».

« Les familles temporairement déplacées demeurent en Alberta pour la plupart, et continueront à dépenser pour de la nourriture, un hébergement et d'autres services, l'essentiel des dépenses étant couvertes par les compagnies d'assurance, des dons ou des transferts gouvernementaux », poursuivent-ils.

Selon le Conference Board, les conséquences des incendies de forêt viendront en partie « atténuer les effets » de la baisse de la production de pétrole. « L'ampleur de la lutte contre les incendies, des mesures d'urgence et des efforts de nettoyage vont générer beaucoup d'activité économique », indique la note.

Forts de leur expérience après l'incendie survenu à Slave Lake en 2011, et les importantes inondations qu'a connues la province en 2013, les compagnies d'assurance réagissent plus rapidement qu'auparavant, soulignent les auteurs.

« Pratiquement toutes les assurances habitation couvrent le feu. Dès que les évaluateurs pourront entrer à Fort McMurray, on peut s'attendre à ce que les réclamations soient transmises rapidement, malgré l'étendue des dommages. Ces efforts viendront accroître l'activité économique dans la province. »

Et l'an prochain?

En 2017, poursuivent les auteurs, l'activité dans l'industrie de la construction devrait être telle qu'elle pourrait bonifier le PIB réel de 1,3 milliard de dollars, soit l'équivalent de 0,4 point de pourcentage. Cette activité demeurera élevée en 2018 et possiblement même en 2019, ajoutent-ils.

« Bien que la reconstruction et le remplacement des actifs perdus vont générer de l'activité économique, il ne faut pas en conclure que les Canadiens en général ou les Albertains en particulier seront en meilleure posture sur le plan économique », prévient toutefois le Conference Board.

« Les fonds investis dans le remplacement du capital perdu vont accroître les dettes des gouvernements fédéral et provincial, et l'industrie de l'assurance devra affronter le défi d'absorber ce qui va vraisemblablement s'avérer la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire du pays.

Feu de forêt à Fort McMurray

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