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L’impact financier du plan de sauvegarde du caribou ne fait pas consensus

Alors que l'Institut économique de Montréal (IEDM) avance qu'il en coûterait 5675 emplois directs et 741 millions de dollars pour tenter de sauver 79 caribous par année, certains, comme la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), sont sceptiques par rapport à ces chiffres.

Dans la plus récente sortie médiatique de l’IEDM, « uniquement pour la Côte-Nord, on parle de 2500 emplois et 313 millions en activité économique que l’on perd chaque année », explique Alexandre Moreau, analyste en politiques publiques à l’IEDM en entrevue à l’émission Bonjour la Côte.

Pier-Olivier Boudreault, chargé de projet en conservation et foresterie pour la SNAP, observe une hausse qu’il trouve difficile à expliquer dans les chiffres proposés par l’IEDM.

« L’institut économique de Montréal avait une note économique documentaire qui disait à l’époque qu’il y avait 31 emplois qui étaient perdus par caribou et maintenant on parle de 72 emplois perdus dans la plus récente communication, remarque Pier-Olivier Boudreault. C’est un lien qui est un peu facile à faire et cela dépend aussi des scénarios que l’on regarde. »

Seulement deux ans se sont écoulés entre les deux publications de l’IEDM (2015-2017).

Martin Hugues-St-Laurent, professeur titulaire en biologie animale à l'UQAR, accueille lui aussi ces chiffres avec scepticisme. « On est devant un cas patent d'une série de règles de trois avec des chiffres importés d'un peu partout », déplore-t-il. Selon lui, il ne s'agit pas d'une étude, mais d' « une estimation, une opinion ».

Des chiffres basés sur les mesures de protection les plus strictes

Le gouvernement a rendu publique l’an dernier une étude d’impact en lien avec une mise en œuvre intégrale des mesures proposées par le gouvernement fédéral pour protéger le caribou et c’est de cette mise en œuvre intégrale dont découlent les plus récentes projections de l’IEDM, indique Alexandre Moreau.

Pour l’instant, il n’est pas certain que le gouvernement choisisse d’aller de l’avant avec une mise en œuvre intégrale.

Le gouvernement fédéral a donné jusqu’au 5 octobre aux provinces pour faire leurs recommandations par rapport aux divers scénarios de protection proposés.

Concilier protection du caribou et développement durable

Martin-Hugues St-Laurent suggère que la préservation de la ressource va de pair avec une diminution de l'activité économique.

Le bureau du forestier en chef, entre autres intervenant, a déjà estimé les impacts de l'industrie forestière sur la faune. « On est capable de trouver des points de bascule », assure Martin-Hugues St-Laurent.

Autant la l’IEDM que la SNAP reconnaissent qu’il faut tenter de concilier la protection du caribou forestier et le développement durable.

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