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L'incertitude au sujet de l'échéancier du REM coûte cher à Deux-Montagnes

Le report probable de l'adoption du projet de loi 137, qui donnera le feu vert au Réseau électrique métropolitain (REM), le projet de train électrique de la Caisse de dépôt et placement, soulève grogne et incertitude à Deux-Montagnes, sur la Rive-Nord. Le maire appelle les élus à accélérer le processus, pendant qu'une garderie perd des milliers de dollars.

Un texte de Francis Labbé

Pour le député de la Coalition avenir Québec, Benoit Charette, l'étude du projet de loi va bon train. « Tout se déroule bien, mais ce projet de loi nous a été soumis sur le tard, la semaine dernière. C'est clair qu'il ne pourra pas être adopté pendant la présente session », dit-il.

« Pour moi, c'est une déception », lance Denis Martin, maire de Deux-Montagnes, une municipalité qui compte deux gares de train de banlieue.

« On s'attendait à ce que ce projet de loi soit adopté avant la fin de la session parlementaire. Ça crée beaucoup d'incertitude. Il y a des résidents qui attendent des nouvelles pour savoir s'ils seront expropriés ou non », explique-t-il.

La Caisse contredit le ministre

Pour le ministre des Finances, Carlos Leitao, l'adoption du projet de loi à la reprise des travaux parlementaires, en septembre prochain, n'entraînera pas de retard dans le projet.

Mais la filiale de la Caisse de dépôt qui réalisera le projet, CDPQ Infra, contredit le ministre. Par courriel, son porte-parole, Jean-Vincent Lacroix, écrit :

« Le respect de notre échéancier pour 2020 implique que toutes les étapes soient franchies au moment prévu. [...] Le projet de loi met en place les conditions pour que le projet du REM puisse se réaliser, tant au niveau de l’acquisition des terrains, du financement que de la coordination avec les municipalités. Si ces paramètres ne sont pas balisés avant l’automne, cela pourrait donc causer un retard sur le début de la phase de réalisation. »

Une attente qui coûte des dizaines de milliers de dollars

Ce délai supplémentaire coûte cher à la garderie L'Enfant Do, située dans la gare Deux-Montagnes. Elle a reçu la visite d'un évaluateur ce printemps. « C'est fort possible que nous soyons expropriés, mais nous ne le savons pas encore », affirme sa directrice, Nathalie Chénier.

Conséquence de l'incertitude, la garderie a perdu le quart de sa clientèle. « Il y a des parents qui viennent me voir toutes les semaines pour savoir ce qui va nous arriver et nous n'avons aucune réponse à leur donner », déplore Mme Chénier.

« Normalement, nous comptons 80 enfants. En ce moment, nous sommes à 60. Ça représente pour nous un manque à gagner de 20 000 $ par mois. C'est catastrophique, parce que nos coûts, eux, ne diminuent pas », ajoute-t-elle.

La garderie pourrait être relocalisée, mais les espaces disponibles à Deux-Montagnes sont rares. « La majorité de nos clients prennent le train. Si on nous relocalise à cinq kilomètres d'ici, ça ne fonctionnera pas », conclut Mme Chénier.

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