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L’industrie du nautisme tarde à prendre le virage vert

L'industrie nautique se porte bien au pays avec des ventes d'environ cinq milliards de dollars et des centaines d'entreprises manufacturières. Mais, contrairement à l'automobile, c'est une industrie qui tarde à prendre le virage vert.

Un texte de Michel Marsolais

Le Salon du bateau et des sports nautiques, qui vient de se terminer à Montréal, a attiré quelque 28 000 amateurs.

Le nautisme est une culture où les mordus ne regardent pas trop à la dépense. Des yachts valant plusieurs centaines de milliers de dollars en font fantasmer plusieurs. « C'est très dangereux. Dans les deux dernières années, on en a acheté deux. On vient, on en voit un, on tombe en amour, on l'achète », dit en riant un visiteur du Salon.

Mais la navigation n'est certes pas l'activité la plus écologique. D’autant plus que la tendance va à des embarcations toujours plus grosses, plus luxueuses et plus chères.

La consommation d’essence - souvent très élevée - est peu prise en considération par les acheteurs.

« La consommation d’essence est moins une préoccupation. C'est plus le confort, le luxe et la performance, reconnaît Alain Roy. Mais les moteurs électriques font quand même leur apparition lentement, mais assurément ».

Les États-Unis en avance

La motorisation électrique est pourtant loin de provoquer un engouement au Québec. Le fabricant de bateaux électriques de Boisbriand, Alexandre Mongeon, dit que son entreprise est en expansion, mais qu'il vend l'essentiel de sa production aux États-Unis.

« Les Américains sont un peu plus intéressés au produit pour le moment. Tranquillement, les municipalités au Québec commencent à se conscientiser et à acheter nos produits. Il y a plusieurs commandes qui ont été passées. En Amérique, on n'a pas de compétiteurs sur les embarcations qui font en haut de 10 km/h. Nous, nos embarcations font jusqu'à 70 km/h », dit-il.

Même si on peut passer une journée sur l'eau pour moins d'un dollar d'électricité, le changement de mentalité n'est pas facile. Les concepteurs de bateaux électriques pensent leur coque en fonction de la motorisation, une contrainte majeure pour l’industrie traditionnelle du bateau.

« Ça peut et ça va changer dans les prochaines années. On peut se donner entre cinq et dix ans. Du côté américain, ils sont déjà à cette étape. Il y a beaucoup d'entreprises de start-up qui essaient de produire des embarcations comme ça. Toutefois, ça prend de très grosses sommes d'argent pour partir de zéro », explique Alexandre Mongeon.

Le virage vert commence à peine. Au Québec, on remarque plutôt une augmentation des ventes de motomarines qui représentent maintenant 23 % des ventes d’embarcations à moteurs.

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