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L'industrie du taxi quitte le comité sur sa modernisation

L'industrie du taxi se retire du comité sur sa propre modernisation, mis sur pied par le gouvernement du Québec dans la foulée du projet pilote encadrant les activités de l'entreprise de transport rémunéré Uber.

Les représentants des taxis en ont fait l’annonce mardi matin. Le porte-parole de l'industrie du taxi, Guy Chevrette, estime que ce comité était une « tentative de diversion ».

M. Chevrette affirme que le comité gouvernemental d'une douzaine de membres, créé en décembre dernier, n'a tenu que quatre heures de réunions en six mois. Un grand comité s'est réuni pendant deux heures, tandis que deux sous-comités ont tenu des rencontres d'une heure chacune.

Cela démontre, selon lui, que cette table de concertation n'est pas une démarche sérieuse pour une industrie dont la valeur des permis atteint environ 1,4 milliard de dollars. « On a probablement été naïfs. On voulait tellement travailler, qu’on ne voulait pas bousculer », a admis Guy Chevrette.

En outre, M. Chevrette estime que les compagnies de taxi qu'il représente ne sont pas traitées de la même façon que la multinationale Uber ou encore Taxelco, l'entreprise dirigée par l'homme d'affaires Alexandre Taillefer qui possède Téo Taxi, Taxi Hochelaga et Taxi Diamond.

Des organisations parlant au nom de la clientèle, du monde municipal et du transport en commun siègent aussi dans le comité mis sur pied par Québec. Il a pour mandat de faire des recommandations au sujet de la gestion de l'offre et la valeur des permis dans l'industrie du taxi, des conditions économiques qui y prévalent et des moyens de la moderniser.

Lors de la première réunion de ce comité, début avril, l’absence d'Uber, qui a bouleversé l’industrie du transport rémunéré, avait été remarquée.

Les taxis ont dénoncé à maintes reprises le projet pilote lancé par le gouvernement pour permettre à Uber de mener ses activités au Québec.

Présent à la conférence de presse, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de transport, Alain Therrien, a affirmé qu'Uber a commis des infractions qui auraient dû entraîner la fin du projet pilote. « C’est inacceptable, au Québec, qu’on puisse tolérer que des gens qui oeuvrent dans un domaine similaire puissent avoir des règlements qui sont aussi différents. C’est inadmissible », a dit le député du Parti québécois.

Tant Alain Therrien que Guy Chevrette ont rappelé qu'environ la moitié des chauffeurs sont des Québécois d'autres origines qui ont dû, pour diverses raisons, dont la non-reconnaissance de leurs diplômes professionnels, s'acheter un travail en payant pour un permis de taxi.

M. Chevrette, un ex-ministre péquiste, soutient que le gouvernement libéral les prend pour acquis. « Je vais vous dire ce qui se dit dans les corridors : "ce n’est pas grave, ils ont toujours voté pour nous autres". Je vais vous dire franchement la vérité : le gouvernement est trop sûr du vote ethnique. Il s’en balance, il se dit : "quand viendra le temps, ils vont revenir vers nous autres". Je l’ai entendu de plusieurs bouches des libéraux », a-t-il affirmé.

Des ventes enregistrées dans les voitures

Par ailleurs, l'industrie du taxi propose à Revenu Québec d'installer des modules d'enregistrement des ventes dans toutes les voitures, incluant celles d'Uber. « Vous découvrirez à ce moment qui provoque vraiment l’évasion fiscale », a lancé Guy Chevrette.

Elle veut aussi présenter un projet de code d'éthique, tout en demandant l'autorité nécessaire pour l'appliquer avec rigueur. Cela permettrait par exemple, selon M. Chevrette, d'éviter qu'une personne congédiée d'une compagnie de taxi puisse se retrouver ailleurs.

L'industrie du taxi veut aussi maintenir un programme de formation de base et des exigences minimales de sécurité, comme un certificat de police attestant de l'intégrité du chauffeur.

« Ça ne se réglera pas, ce conflit-là, dans un spectacle. Ça va se régler dans un travail intensif entre quatre murs et entre quatre yeux, et nous on est prêts à le faire », a déclaré Guy Chevrette.

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