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L’industrie laitière du Manitoba prise en étau à l'issue du G7

Les répercussions des hausses des tarifs douaniers annoncées par le président américain Donald Trump pourraient être douloureusement ressenties au Manitoba, selon l'industrie laitière.

Le président Trump a fait du système de gestion de l’offre mis en place par l’industrie laitière canadienne l’un des enjeux centraux de la querelle qui a pris un tour particulièrement menaçant à l’issue du G7.

David Wiens, qui possède une ferme laitière à Grunthal au Manitoba, ne parvient pas à comprendre pourquoi son secteur d’activité se retrouve ainsi attaqué.

« C’est très frustrant pour nous, car la rhétorique employée est loin de la vérité », déclare le fermier, par ailleurs président des Producteurs laitiers du Manitoba et vice-président des Producteurs laitiers du Canada.

Selon David Wiens, le système canadien de gestion d’approvisionnement, qui donne aux offices de commercialisation le contrôle des prix de divers produits agricoles, assure la stabilité du système.

Il ajoute qu’y mettre un terme aurait des effets désastreux. Selon lui, qu’importe l’issue des discussions sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), l’industrie laitière ne devrait pas avoir à pâtir négativement.

« Quand vous regardez les faits, il n’y a aucune raison que cela fasse même partie de la discussion », dit-il.

Le Canada autorise les importations à hauteur de 10 % du marché canadien des produits laitiers, alors que les États-Unis importent seulement 3 % de leur marché, précise le producteur, ajoutant que le déficit commercial du Canada avec les États-Unis est donc de cinq pour un.

Pour David Wiens, avec une population inférieure à celle de la Californie, le Canada, ne représente qu’une infime portion du marché laitier aux États-Unis, et la source du problème est la surproduction laitière de l’autre côté de la frontière.

Autres inquiétudes au Manitoba

Le président-directeur général de la Chambre de commerce du Manitoba, Chuck Davidson, ne voit pas lui non plus d’issue positive à cette guerre commerciale, estimant que le protectionnisme ne bénéficie à personne.

Le Canada exporte 45 % de son acier aux États-Unis et même si le Manitoba n'en produit pas, Chuck Davidson rappelle qu’une hausse des tarifs finira tôt ou tard par se répercuter sur les consommateurs.

De son côté le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, estime que les Manitobains ont toutes les raisons de s’inquiéter d’une guerre commerciale entre les deux voisins.

La conférence des législateurs des États du Midwest, qui doit se tenir du 13 au 18 juillet à Winnipeg et à laquelle des centaines de représentants américains devraient participer, sera l’occasion de renforcer les liens entre les deux pays, estime M. Pallister.

Avec des informations de Cameron McLean

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