Retour

L’industrie minière préoccupée par la controverse autour des pipelines

Les controverses entourant la construction de pipelines au Canada font mal à l'industrie minière en réduisant la confiance des investisseurs étrangers, selon l'Association minière du Canada (AMC), qui accueille toutefois avec soulagement la décision du fédéral d'acheter le pipeline Trans Mountain.

Un texte de Miriane Demers-Lemay

« Cela m’inquiète, le fait que les pipelines sont devenus une controverse et qu’un investissement dans le secteur des ressources naturelles en général devient plus difficile », révèle le président de l’AMC, Pierre Gratton, lors d’une conférence donnée à Regina à l'occasion de la Semaine provinciale des mines.

« C’est pour cela que je dis aux politiciens de ne pas jouer sur la "politique" des pipelines, parce que le dommage que cela a créé ne touche pas seulement les pipelines, mais aussi d’autres secteurs », affirme-t-il.

M. Gratton soulève ces préoccupations alors que le secteur minier canadien subit un certain ralentissement économique. Les investissements dans le secteur seraient en déclin depuis 2012, selon l’AMC.

Le président de l’AMC se réjouit cependant de la récente décision d’Ottawa d’acheter le pipeline Trans Mountain. « C’est un signal aux étrangers que, pour des projets aussi majeurs pour l’économie, le gouvernement est là », dit-il.

Le président de l’AMC espère que le projet Trans Mountain permettra notamment de désengorger le transport ferroviaire, dont dépend l’industrie minière pour acheminer sa production sur les marchés.

« C’est dommage qu’on soit arrivé à ce point-là, dit-il. Mais, étant donné toute la controverse, je crois que le fédéral n’avait plus le choix. »

Toutefois, si le président de l’AMC se réjouit de la décision du gouvernement fédéral, plusieurs s'inquiètent de l’effet de cet achat sur les investisseurs étrangers.

Quels effets sur les investisseurs étrangers?

« Pour [être] attirés, les investisseurs doivent aussi avoir confiance que les règles ne changeront pas en cours de développement des projets », explique le directeur des communications de l’Association minière du Québec, Mathieu St-Amant. Selon l'Association, il est toutefois encore tôt pour se prononcer sur les effets de l’achat de Trans Mountain sur les investisseurs étrangers.

Bien que défenseur des pipelines, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a critiqué la décision du gouvernement fédéral d’acheter Trans Mountain.

« Le gouvernement fédéral paie 4,5 milliards de dollars à une compagnie pour qu’elle cesse de faire fonctionner ses infrastructures. Donc, nous sommes inquiets du message que cela envoie à notre communauté globale d’investisseurs », a-t-il affirmé mardi.

Même son de cloche du côté du chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, qui a critiqué l’achat du pipeline, mardi. Selon lui, cette décision démontre que le Canada est devenu un endroit inhospitalier pour les investisseurs étrangers en raison des décisions prises par le gouvernement Trudeau depuis 2015.

De son côté, le ministre des Finances, Bill Morneau, affirme que cette décision demeure la meilleure option pour le gouvernement afin de protéger les emplois et la réputation du Canada auprès des investisseurs étrangers.