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L'industrie se prépare à une interdiction des gras trans

Au moment où le gouvernement fédéral effectue une vaste consultation pour interdire l'utilisation des gras trans industriels dans les aliments, des restaurants et des boulangers québécois ont déjà pris le virage santé.

Les médecins canadiens réclamaient depuis longtemps l’interdiction des gras trans, ces huiles partiellement hydrogénées, dont la consommation augmente le risque de développer des maladies cardiovasculaires.

Alors qu’ils seront interdits aux États-Unis à compter de 2018, Santé Canada a lancé une consultation le 14 novembre dernier en vue de les bannir au pays.

Des restaurateurs déjà prêts

Dans l'éventualité d'une interdiction des gras trans, les entreprises auront 12 mois pour apporter les changements nécessaires, mais plusieurs chaînes de restauration et de boulangerie sont déjà prêtes.

Les restaurants Pacini ont notamment éliminé les gras trans en 2005. La transition n’a pas été simple pour le président-propriétaire de la chaîne de restaurants, dont les fournisseurs refusaient d'entreprendre le virage. Il a donc choisi de fabriquer tous ses produits lui-même.

Dans le cas de la sauce Alfredo, il a fallu mettre de la crème et plus de parmesan. Ça a coûté plus cher, mais le goût est meilleur.

Pierre-Marc Tremblay, président-propriétaire de la chaîne Pacini

Pour suivre la tradition italienne, Pacini utilise également de l'huile d'olive dans la majorité de ses plats, ce que les clients semblent apprécier.

« On devait vendre environ 28 millions et on va finalement dépasser les 68 millions cette année. Les clients ont plus que suivi », se réjouit Pierre-Marc Tremblay, président-propriétaire de la chaîne Pacini.

Du côté de la restauration rapide, A & W a éliminé les gras trans en 2008, tandis que la chaîne McDonald's a entrepris le virage il y a cinq ans. Selon McDonald's, son huile de cuisson respecte la norme d'identification, soit moins de 2 % de gras trans.

C'est dans la confection de biscuits, de pâtisseries commerciales, de viennoiseries et de pain que l'on retrouve le plus de gras trans. À Première Moisson, le choix a toujours été très clair, dès la création de l'entreprise en 1992.

Jamais. C'est contre nos valeurs. On n’a jamais mis de gras trans dans nos produits et on n’en mettra jamais.

Josée Fiset, cofondatrice des boulangeries Première Moisson

Aucun gras trans n'est utilisé dans la fabrication du pain, assure l’entreprise, qui admet toutefois utiliser du beurre dans la confection de pâtisseries et de croissants.

Le beurre est un gras saturé, mais serait moins nocif que les gras trans, selon le cardiologue Martin Juneau. Il précise toutefois qu'il faut en consommer avec modération.

On en a besoin, des gras saturés. Selon les spécialistes, pas plus de 10 % dans notre diète.

Martin Juneau, cardiologue, Institut de cardiologie de Montréal

Fondée en 1947, la Boulangerie St-Méthode a également pris le virage santé en 2003 en retirant les gras trans de sa production. Ils ont été remplacés par de l'huile d'olive, de soya et de canola. Un travail qui a pris deux ans, mais qui a porté ses fruits.

« On est en croissance chaque année, entre 15 % et 20 %, selon la gamme de produits », se réjouit Benoît Faucher, président de la Boulangerie St-Méthode.

La lutte n’est pas terminée

Le taux de mortalité attribuable aux maladies cardiovasculaires serait à la baisse depuis les années 70 au pays. Mais depuis trois ans, les chiffres montrent une nouvelle tendance, explique le cardiologue Martin Juneau.

Ce qu'on remarque depuis trois ans, malheureusement, c'est que la baisse est terminée et on prévoit une remontée.

Martin Juneau, cardiologue, Institut de cardiologie de Montréal

La lutte pour une bonne santé est donc loin d’être terminée à son avis, notamment en raison de la malbouffe, accessible à bas prix.

La consultation gouvernementale sur l'interdiction d'utiliser des huiles partiellement hydrogénées dans les aliments, entreprise en novembre, prendra fin le 13 janvier 2017.

D’autres consultations sont également prévues en juin 2017.

En attendant une éventuelle interdiction des gras trans, il faut consulter les étiquettes des produits pour les identifier.

Avec les informations de Catherine Kovacs

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