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L'installation de bornes de recharge moins rapide que prévu sur la Côte-Nord

L'objectif de permettre aux propriétaires de voitures électriques de se rendre de Tadoussac à Kegaska sans problème de recharge pour le début de la saison touristique 2018 ne sera vraisemblablement pas atteint.

Un texte de François RobertEn mars, une aide de 182 000 dollars du Fonds d’appui aux régions avait pourtant été annoncée pour favoriser l’atteinte de cet objectif.

Malgré cette aide, l’installation ne sera pas complétée à temps pour la saison touristique 2018, dans plusieurs municipalités.

Le directeur général de l’Association touristique de la Côte-Nord, Mario Leblanc, admet qu’il aurait préféré que l'installation des bornes soit plus rapide.

 Mais je comprends que quand on fonctionne avec des instances démocratiques, et que plusieurs sont impliquées, et qu'on travaille aussi avec un ministère puis une Société d’État, ça fait beaucoup d’organisations à arrimer au même rythme , reconnaît Mario Leblanc.

Plusieurs municipalités ont adopté une résolution officialisant leur désir d'installer une borne. Il reste parfois à déterminer à quel endroit la mettre. C’est le cas notamment à Port-Cartier où une borne rapide devrait être installée au centre-ville, peut-être près du bureau municipal, selon le maire Alain Thibault.

Une borne de recharge standard doit aussi être installée dans le secteur Rivière-Pentecôte de Port-Cartier, mais l’endroit reste à déterminer.

Dans d’autres municipalités, c’est le montage financier qui reste à confirmer. C’est le cas notamment à Baie-Comeau, où le maire, Yves Montigny, espère qu’Hydro-Québec assumera plus de la moitié des coûts.

Une loi qui change la donne

Jusqu'à vendredi dernier, le modèle d’affaires d’Hydro-Québec lui faisait assumer la moitié de la facture de l'installation d'une borne rapide, mais ce modèle commençait à s’essouffler, indique Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec.

Pour remédier à cette situation, et favoriser l’atteinte des objectifs du Plan d’action en électrification des transports du gouvernement du Québec, le projet de loi 184 a été adopté vendredi dernier.

D’ici 2020, Hydro-Québec devrait financer, à même les revenus provenant de la recharge, 100 % de l’installation d’une borne rapide à tous les 80 ou 100 km sur la route 138. Si les municipalités veulent en installer plus d’une, elles devront négocier avec Hydro-Québec pour partager les frais des autres bornes, explique Louis-Olivier Batty.

Le processus d’installation est tout de même assez long, surtout pour les bornes rapides qui nécessitent des travaux de plus grande ampleur que les bornes standards.  À partir du moment où le site est choisi, le financement est complété. Pour une borne rapide, on parle de 8 à 10 semaines , précise Louis-Olivier Batty.

Impact sur les conducteurs de voitures électriques

Pour l’instant un trajet entre Sept-Îles et Québec, par exemple, est complexe pour les conducteurs de véhicules électriques.

À l'est de Sept-Îles, l’installation de quelques bornes de recharge lente est prévue dans les prochains mois, notamment à Rivière-au-Tonnerre, à Havre-Saint-Pierre et à Natashquan. Pour l'instant, la recharge y est problématique.

L'Association touristique révise ses plans

 En fait, là il faut changer notre objectif et notre échéancier , note Mario Leblanc.

 Nous on commence à travailler le prochain guide à l’automne, alors c’est certain que l’on aura toute l’information nécessaire pour que dans le prochain guide, pour l’édition 2019, que l’on ait un circuit bien établi et bien identifié , conclut Mario Leblanc.

Le coup d'accélérateur donné par l'adoption du projet de loi 184 devrait faciliter l'ajout de bornes de recharge rapide. L'installation d'une borne standard coûte environ 6000 $ alors qu'une borne rapide représente un investissement de 70 000 $.