Retour

L’Ontario verra-t-il la couleur de l’argent annoncé par Netflix?

Toronto et le nord de l'Ontario tentent, depuis des années, de se positionner comme des acteurs incontournables dans la production de films et de séries télé. Réussiront-ils à tirer profit de l'argent qui sera investi au Canada par le géant américain Netflix?

Un texte de Lisa Marie Fleurent

Jeudi, le service de webdiffusion en continu Netflix s’est engagé à financer à hauteur d’au moins 500 millions de dollars sur cinq ans la production de contenus originaux au Canada.

La Guilde canadienne des réalisateurs accueille favorablement ce coup de pouce financier et croit que Toronto saura tirer son épingle du jeu.

L'an dernier, Toronto a en effet battu un record avec plus de 2 milliards de dollars en investissement dans la production de films, de séries télé et de publicités, selon la Ville.

Le nord de l'Ontario n'est pas en reste. Depuis quelques années, il tente aussi d'attirer de plus en plus de productions.

Dans un discours prononcé jeudi, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a d'ailleurs souligné la contribution de la région à l'industrie.

« Le nord de l’Ontario a accueilli 28 productions complètes en 2016. De longs formats comme Cardinal à CTV, Hallmark’s Flower Shop Mysteries et Letterkenny de CraveTV ont employé 1530 personnes », a-t-elle dit.

Deux systèmes

La Guilde canadienne des réalisateurs ajoute cependant qu’elle voit l'investissement de Netflix comme une première étape et que des changements devront ensuite être apportés.

« Actuellement, il y a deux systèmes : un, pour les câblodistributeurs et un autre, pour ce qui se trouve en ligne. [...] Il y a du travail à faire pour qu’on arrive avec un système à terrain égal où tout le monde participe et contribue », nuance le porte-parole de l'organisme, Dave Forget.

La Guilde fait ainsi référence aux contributions obligatoires que doivent verser les câblodistributeurs au Fonds canadien des médias, et dont Netflix est exempté.

25 millions $ pour des productions en français

Netflix financera également le contenu canadien en français sur sa plateforme en s'engageant dans une stratégie de développement du marché pour le Canada doté d'une enveloppe de 25 millions de dollars.

Sur cette annonce, il n’y a pas de débat à avoir selon Pierre C. Bélanger, professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa.

À CBC/Radio-Canada, on voit d’un bon oeil cette annonce. La Société d’État a déjà deux collaborations à son actif avec le géant américain, soit Anne et Alias Grace.

« Si ça n'avait pas été de l'investissement de Netflix, ces deux productions-là n'auraient jamais existées. On n'aurait pas eu les moyens pour faire ça. Donc moi je vois d'un très bon oeil le début d'une initiative intéressante en invitant Netflix à créer du contenu au Canada, de la meilleure façon possible, pour toute notre industrie », a affirmé Hubert Lacroix, président de CBC/Radio-Canada.

Plus d'articles

Commentaires