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L'opposition demande à l'UPAC d'enquêter sur un contrat annulé par l'inspecteur général de Montréal

L'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal demande à l'UPAC d'enquêter sur un contrat d'une valeur maximum de 25 millions de dollars accordé à la firme Xylem pour remplacer des pompes à l'usine d'eau potable Atwater.

L'inspecteur général a résilié le contrat après avoir observé des manquements graves dans le processus d'appel d'offres.

Le contrat a été accordé en janvier 2015 pour remplacer les pompes de l'usine Atwater, installées en moyenne il y a 60 ans. Xylem arrivait au troisième rang des soumissionnaires, mais il était le seul à avoir été déclaré conforme. Or, l'entreprise n'avait pas fourni la lettre de recommandation nécessaire et n'aurait pas dû être retenue, selon l'inspecteur général.  

Ce dernier a conclu son rapport en dénonçant aussi l'attitude de Xylem à son égard : « Compte rendu de la gravité des manquements constatés relativement à l'égalité entre les soumissionnaires, à l'intégrité du processus d'appel d'offres qui a pris place et à la tentative de Xylem d'induire en erreur l'inspecteur général, ce dernier n'a d'autre choix que de prononcer la résiliation du contrat octroyé suite à l'appel d'offres. »

Pour Alex Norris, de Projet Montréal, l'affaire est assez grave pour réclamer l'intervention de l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption. « Il y a eu des décisions incompréhensibles prises par des hauts fonctionnaires à la direction de l'eau potable de la Ville de Montréal, de l'administration Coderre, conseillés par SNC-Lavalin, dit-il. Une soumission qui n'était pas conforme a été redéfinie par ces gens-là comme étant conforme, de manière à faire en sorte que le contribuable n'en ait pas pour son argent. »

Le maire Denis Coderre prévoit une enquête interne et compte en saisir la Commission municipale sur l'inspecteur général.

« Il y a encore une série de questions et je n'aime pas ce que je vois, a dit le maire. Je suis très préoccupé, si en plus on a changé des dates, puis comment ça a été fait, donc on va faire une enquête à l'intérieur. La Commission va encore regarder et s'il faut poser des gestes et changer le tout, on va le faire. Mais encore une fois, comme maire de Montréal, ça me sécurise de voir que le processus qu'on s'est donné en termes de reddition de compte fonctionne. »

Tentative de collusion 

L'inspecteur général a aussi déposé lundi au conseil municipal un deuxième rapport sur une tentative de collusion dans deux contrats de déneigement dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Ces deux contrats de 5 ans totalisent 6 millions de dollars chacun.

Dans son rapport,  l'inspecteur relève qu'un entrepreneur a tenté de convaincre un concurrent de ne pas soumissionner sur les contrats que J. L. Michon Transports avait remportés en 2011 et aussi d'inciter le concurrent à convaincre d'autres entrepreneurs de ne pas soumissionner sur ces mêmes contrats. J. L. Michon Transports aurait aussi offert 100 000 $ au concurrent pour ne pas qu'il soumissionne.

Pour le conseiller de l'opposition Alex Norris, ces nouveaux écarts sont le signe que la politique de centralisation n'est pas efficace. « Ça fait longtemps que le vérificateur général et d'autres instances dévoilent les patterns de concentration dans l'octroi de contrats de déneigement, dit-il, et monsieur Coderre a dit qu'en centralisant le tout il allait résoudre le problème. Or, il s'avère que même après la centralisation, le problème perdure. »

Interpellé à ce sujet en point de presse, le maire Denis Coderre a voulu calmer le jeu en indiquant qu'il s'agit de deux contrats de déneigement sur une vingtaine et qu'il a retiré ces contrats. Il a aussi dit que la recommandation de l'inspecteur de réviser la politique de gestion contractuelle de la Ville sera prise en compte.

« Je suis pour que l'inspecteur général ait plus de pouvoirs parce qu'il y a des recommandations qu'il nous fait. Donc c'est de voir comment on est capable de le faire. Mais dans l'application même de notre gestion contractuelle, il y a peut-être des éléments que l'on peut resserrer davantage », a dit le maire.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine

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