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La Banque Laurentienne annonce la fin des services au comptoir et élimine 150 emplois

La Banque Laurentienne se tourne vers le numérique en annonçant l'élimination des services bancaires au comptoir, une transformation qui entraîne l'abolition de 150 emplois.

À partir du 31 décembre 2018, le poste de représentant au comptoir n'existera plus dans les succursales de la Banque Laurentienne.

Pour effectuer leurs transactions de base, comme le dépôt d'un chèque, les clients devront se tourner vers les guichets automatiques ou les services en ligne.

« On croit encore que nos clients ont besoin d’accompagnement, et on aura toujours des employés pour offrir des services. Cependant, ces employés-là n’auront pas de monétaire entre leurs mains », a expliqué la première vice-présidente à la distribution de service aux particuliers de la Banque Laurentienne, Diane Pilote.

Mme Pilote a ajouté qu'il y aura une période de transition au cours de laquelle des employés seront présents pour accompagner les clients qui le souhaiteraient dans l'utilisation des guichets automatiques. Après quoi, les seuls employés en succursale seront des conseillers financiers.

C'est donc 150 représentants qui perdront leur emploi d'ici un an et demi.

Ces employés ont reçu cette semaine une lettre de leur employeur les informant de la suppression de leur poste. La lettre obtenue par Radio-Canada n'offre qu'une seule option aux employés, soit celle de quitter leur emploi en contrepartie d'une indemnité de départ.

Selon le syndicat des employés et employées professionnel(le)s et de bureau, le SEPB-Québec, cette annonce est contraire à la convention collective des employés.

En entrevue avec Radio-Canada, Mme Pilote a toutefois assuré qu'une deuxième option est offerte aux employés qui désirent rester au sein de l'entreprise.

« On va travailler avec eux à regarder quelles seraient les autres fonctions dans notre organisation qui pourraient être potentielles pour chacun d’entre eux, bien évidemment à leur guise et tout en respectant leur contrat de travail », a-t-elle indiqué.

Elle a également souligné que tous les employés de la banque étaient déjà bien informés des changements à venir.

Un bénéfice trimestriel en hausse de 21 %

Le syndicat estime néanmoins que la décision de la banque d'éliminer les services au comptoir est trop radicale, et ne tient pas compte des clients, particulièrement les personnes âgées, qui nécessitent un accompagnement lors de leurs transactions.

« C’est comme si la banque est en avant de son temps, elle va trop vite dans sa transformation, elle ne respecte pas le client, elle ne respecte pas l’employé », a souligné la directrice exécutive de SEPB-Québec, Katerine Lefebvre.

De son côté, la Banque Laurentienne affirme se conformer aux préférences de ses clients qui utilisent de plus en plus les services numériques.

Les données de l'organisme de recherche spécialisé en transformation numérique, le CEFRIO, tendent à lui donner raison.

Dans la dernière année, 65 % des adultes ont fait usage d'un service bancaire en ligne ou mobile, selon le vice-président des communications et affaires corporatives du CEFRIO, Guillaume Ducharme.

La Banque Laurentienne a vécu une importante transformation au cours de la dernière année. L'institution a notamment fusionné 41 succursales et annoncé 300 mises à pied.

L'institution financière a déclaré un bénéfice de 55 millions de dollars au dernier trimestre, en hausse de 21 % par rapport au troisième trimestre de l'an dernier.

Cette nouvelle annonce a d'ailleurs fait bondir son action, qui a gagné 3 % mercredi à la Bourse de Toronto.

Avec les informations de Laurent Therrien

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