Retour

La CCQ en mène-t-elle trop large dans l'attribution des programmes de formation professionnelle?

La Commission de la construction du Québec (CCQ) en mène trop large en ce qui concerne l'attribution des programmes de formation professionnelle touchant les métiers de la construction.

Un texte de Piel Côté

C'est en tout cas l'avis d'élus, de centres de formation professionnelle et d'acteurs de l'industrie de la construction de la région.

Depuis plus de deux ans, le Centre de formation Frère-Moffet, situé à Ville-Marie au Témiscamingue, tente d'offrir les formations de plomberie-chauffage, de calorifugeage et de réfrigération. Ses tentatives se sont jusqu'ici soldées par une suite de refus.

Le ministère de l'éducation est celui qui attribue les programmes, mais la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction (Loi R-20) prévoit que la CCQ doit donner un avis au ministère de l'Éducation sur les demandes d'autorisation des programmes pour les métiers de la construction.

La directrice du Centre Frère-Moffet, Marie-Luce Bergeron, croit que l'avis de la CCQ influence la décision du ministère.

« Le ministère dit "oh non, ce n'est pas si simple que ça", parce que la CCQ fait des pressions très fortes auprès du ministère pour qu'il n'octroie aucune carte [de programme de formation professionnelle] », soutient Mme Bergeron.

Pénurie de main-d'oeuvre

Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, la préfète du Témiscamingue, Claire Bolduc, cherche à comprendre pourquoi la CCQ bloque le développement de nouveaux points de formation.

« Cela a une incidence directe sur le développement de notre territoire, sur les chantiers du territoire et sur les entreprises », affirme Mme Bolduc.

L'entreprise Manseau et Perron, de Rouyn-Noranda, recherche des frigoristes. On y déplore aussi l'absence de formations pour plusieurs corps de métiers spécialisés.

La directrice des ressources humaines, Annie Tremblay, estime que le fardeau de la formation revient trop souvent aux entreprises.

Avis défavorables

La CCQ n'a pas accordé d'entrevue à Radio-Canada, mais dans une réponse par courriel, elle reconnaît avoir transmis des avis défavorables pour le Centre Frère-Moffet pour ces quatre programmes, estimant que « la capacité d'accueil du marché du travail était déjà suffisante », ce qui aurait limité l'accès au travail pour les diplômés.

La CCQ ajoute toutefois que c'est le ministère de l'Éducation qui a le dernier mot. Nous n'avions toujours pas eu de réponse du ministère au moment de mettre en ligne.

De son côté, le Centre Frère Moffet ne compte pas abandonner. L'organisation continuera de produire des demandes afin d'obtenir de nouveaux programmes.

- Avec la contribution de Lise Millette