Retour

La Chine va permettre la propriété étrangère dans le secteur automobile

Pékin cessera d'exiger d'ici cinq ans que les constructeurs automobiles étrangers forment des coentreprises avec des sociétés étatiques chinoises pour avoir accès à son marché intérieur. Un développement qui répond à un grief évoqué par l'administration Trump dans le cadre d'un conflit commercial en cours.

À l’heure actuelle, les firmes américaines ou européennes, comme GM ou Volkswagen, ne peuvent posséder plus de 50 % d’une entité dans le secteur automobile chinois. Ils doivent donc obligatoirement s’associer à un constructeur chinois.

La puissance agence de planification économique du gouvernement chinois a toutefois annoncé mardi que ce plafond sera supprimé dès cette année pour la production de « véhicules à énergie nouvelle », soit les véhicules électriques et hybrides.

Cette limite sera ensuite levée d'ici à 2020 pour les entités produisant des véhicules commerciaux, et d'ici 2022 pour la production des voitures individuelles, a précisé la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR).

L’agence de planification chinoise a aussi fait savoir que les constructeurs automobiles étrangers pourront s'engager dans plus de deux coentreprises dans le secteur automobile à partir de 2022, mettant un terme à une règle en vigueur depuis plusieurs années.

Selon la CNDR, Pékin supprimera aussi cette année les limites à la participation d'investisseurs étrangers dans la construction navale - sur des activités concernant la conception, la production ou les réparations - ainsi que dans la construction aéronautique.

Des règles chinoises critiquées par Trump

Le président américain Donald Trump menace d’imposer des tarifs douaniers sur des importations chinoises d’une valeur de 150 milliards de dollars en vertu d’une loi sur le commerce qui lui permet d’adopter des mesures de rétorsion contre un pays qui préconise des pratiques « injustes ». Il assimile les règles actuelles sur les coentreprises à du « vol de propriété intellectuelle ».

Implanté en Chine depuis les années 1980, le géant allemand Volkswagen a déclaré « saluer toute ouverture et libéralisation du marché chinois ». « Nous allons analyser avec attention si ces changements ouvrent de nouvelles options pour le groupe Volkswagen et ses marques », a commenté un porte-parole.

Daimler, la maison-mère de Mercedes, a déclaré « suivre de près les évolutions des régulations », tout en disant être « satisfait » des coopérations existantes.

Le président chinois Xi Jinping avait promis la semaine dernière lors du Forum de Boao pour l'Asie, connu comme le Davos chinois, d'assouplir les règles encadrant les capitaux étrangers dans les industries automobile, navale et aéronautique, mais sans dévoiler de calendrier.

Le numéro un chinois avait aussi dévoilé l'intention de la Chine de réduire « considérablement » cette année les droits de douane sur les voitures importées. Le président Trump se plaint régulièrement que les voitures américaines importées en Chine sont frappées de droits de douane de 25 %, contre 2,5 % pour les rares voitures chinoises importées aux États-Unis.

L'administration Trump avait salué ces engagements, tout en disant attendre des « actions concrètes » de la Chine.