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La Coopérative de Caraquet céderait des magasins pour « pas grand-chose »

Selon Michel Rail, président du conseil d'administration de la Coopérative de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, l'entreprise pourrait vendre les magasins de Maisonnette et de Saint-Léolin.

Un texte de Pierre-Philippe LeBlanc TwitterCourriel

« On est prêt à leur donner pour pas grand-chose. [...] C'est beaucoup plus facile pour nous autres de transférer ces magasins-là que de les fermer », a-t-il indiqué lors d'une entrevue accordée mercredi matin à l'émission Le réveil Nouveau-Brunswick, d'ICI Acadie.

Mathieu Chayer, maire de Saint-Léolin, estime toutefois qu'il reste peu de temps pour conclure le transfert des magasins. « Je ne dis pas que c'est impossible, mais c'est quand même difficile à court terme de trouver quelqu'un », dit-il.

Les dirigeants de la Coopérative de Caraquet recommandent la fermeture de quatre magasins de l'entreprise vers le 15 mai parce qu'ils ne sont pas rentables. Il s'agit des magasins d'alimentation de Maisonnette et de Saint-Léolin, ainsi que de la quincaillerie BMR et de la boutique d'équipement sportif à Caraquet.

Le maire de Saint-Léolin tient à ce que le magasin du village reste ouvert. Une réunion publique aura lieu lundi pour permettre aux gens de discuter de la situation.

« Il va falloir que l'on consulte la communauté et qu'on essaie de trouver des solutions. On a besoin de ce service-là à Saint-Léolin. C'est le plus grand employeur. C'est le seul service pour les personnes âgées qui n'ont pas de voiture pour se déplacer. Il faut comprendre qu'il n'y a pas de transport en commun dans la Péninsule acadienne. Donc, c'est un service quasi essentiel », affirme M. Chayer.

Pourquoi pas des dépanneurs?

Claude L'Espérance, président de la Chambre de commerce et du tourisme du Grand Caraquet, a lui-même dirigé des commerces de détail durant une trentaine d'années. Il croit que les petites collectivités de nos jours peuvent maintenir à flot un dépanneur, mais non un supermarché.

« J'encourage ces gens-là. Je me dis que s'ils maintiennent qu'ils ont besoin du service, il me semble que s'assoir avec les gens de la Coop, voir si on ne pourrait pas faire quelque chose d'un plus petit. Lorsqu'on parle d'un dépanneur, c'est pour dépanner entre les achats dans une épicerie où il y a un assortiment complet de toutes sortes d'aliments », explique Claude L'Espérance

Les détails à la prochaine assemblée

La situation financière des quatre magasins sera présentée en détail aux membres de la Coopérative à l'assemblée annuelle du 29 mars, à Caraquet, au Carrefour de la mer, à compter de 7 h. Michel Rail précise que les membres prendront alors une décision sur le sort des magasins, dont le conseil d'administration recommande unanimement la fermeture, chiffres à l'appui.

« On a une entreprise qui est déficitaire. Ce ne sont pas de petits déficits. On parle pratiquement de 300 000 $ au budget d'opération l'an passé, pratiquement 1 million l'année d'avant. Pour se ramener d'une situation comme ça, on ne le fait pas en claquant des doigts », souligne Michel Rail.

La fermeture des magasins entraînera la perte d'environ 25 emplois à temps partiel et à temps plein, estime M. Rail.

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