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La Cuisine collective convoite le bâtiment de la Co.Mode verte

En raison de ses difficultés financières, la ressourcerie la Co.Mode verte libère au centre-ville un bâtiment qui répond entièrement aux besoins de la Cuisine collective de Matane. Cette dernière cherche depuis plusieurs années à se reloger. Le bâtiment serait acheté directement à la Co.Mode verte qui, de son côté, paierait ses derniers créanciers.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Jean-François Deschênes

La Cuisine collective disposera alors de locaux non seulement plus spacieux, mais aussi mieux adaptés et plus accessibles pour les gens à mobilité réduite et les personnes âgées.

La Cuisine occupe actuellement des espaces loués dans l’édifice des Chevaliers de Colomb de Matane.

Ces locaux conviennent de moins en moins aux besoins, selon la directrice de la Cuisine collective, Hélène Jolicoeur. « Le fait, dit-elle, que ce soit exigu, qu’on soit au deuxième étage de vingt-et-quelques marches, on s’entend que ce n’est pas facilitant. »

Le projet n’est toutefois pas sans défi pour l’organisme communautaire qui en est à son troisième projet de déménagement.

Un défi : l'argent

Le premier défi est d’ordre financier. Le projet est évalué à 700 000 $.

Pour payer un tel montant, les responsables misent notamment sur les programmes gouvernementaux et sur un financement populaire. La Cuisine, bien connue du milieu matanais, rend de nombreux services à la communauté depuis sa création en 1991.

La direction est convaincue que les résidents de la Matanie seront derrière le projet qui permettra de soutenir un plus grand nombre de gens.

Un bas de laine et du soutien

L’organisme dispose d’un montant mis de côté en prévision d’un éventuel déménagement.

De plus, la MRC a voté le versement d’une somme de 40 000 $.

Le député fédéral, Rémi Massé, et celui de l’Assemblée nationale, Pascal Bérubé, ont assuré leur soutien à l'organisme dans la recherche de financement.

Des négociations ont aussi été entreprises avec des prêteurs hypothécaires du secteur de l’économie sociale dont les conditions sont plus facilitantes pour des organismes comme la Cuisine collective.

Démolition et reconstruction

Le bâtiment de la Co.Mode verte n’est toutefois pas sans problème. Il a fait l’objet d’une inspection. Le mur arrière de l’édifice, qui donne sur la rivière, s'affaisse.

« Le principal défaut est à l’arrière sur la partie qui est assise sur l’ancien lit de la rivière », confirme André Morin, membre du conseil d’administration de la Cuisine collective et ex-administrateur de la Co.Mode verte.

Pour régler cet autre défi, l'organisme projette de couper le mur problématique pour ne conserver que la partie du bas.

La partie de l’arrière du bâtiment sera ensuite détruite et un nouveau mur sera reconstruit à environ une trentaine de pieds de la rivière.

La Cuisine perdra en tout le tiers de la superficie actuelle du bâtiment. L'espace libéré à l’arrière sera transformé en stationnement pour les utilisateurs de la Cuisine collective.

La démolition pourrait coûter environ 100 000 $. Le reste servira à la reconstruction, dont une somme de 250 000 $ sera investie pour aménager les installations de la Cuisine.

D'ici la fin de l'année

La Cuisine collective compte de cinq à huit employés et une vingtaine de bénévoles. De nouveaux espaces permettront de consolider les emplois et de développer des projets ce qui, peut-être, en créera de nouveaux, indique la directrice Hélène Jolicoeur.

La Cuisine utilisera seulement le rez-de-chaussée de son nouveau bâtiment et ne reprendra pas les activités de l’ancienne ressourcerie.

Elle souhaite louer le sous-sol à d'autres organismes. Une entrée indépendante sera aménagée.

La Cuisine collective envisage de s'installer dans son nouvel espace en décembre 2018.

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