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La distribution du cannabis devrait passer par la SAQ, dit l’IRIS

La distribution du cannabis récréatif au Québec devrait être prise en charge par la Société des alcools du Québec (SAQ), le temps de permettre à la commercialisation légale de se démarquer du marché noir, selon l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).

Contrairement au groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis, qui a soumis 80 recommandations au gouvernement fédéral mardi, l’IRIS estime que Québec doit préconiser une distribution par la SAQ plutôt que de laisser la commercialisation au secteur privé.

« Une commercialisation par le biais de la SAQ aurait un effet plus stimulant sur le PIB », explique l’IRIS dans une étude publiée le même jour, citant de meilleures retombées économiques et une plus grande création d’emplois, soit 982 plutôt que 912 au privé.

« Les revenus tirés de l’impôt des particuliers, des taxes à la consommation et de la parafiscalité » en lien avec la commercialisation du cannabis récréatif « seraient plus élevés de 10,1 M$ si on passait par la SAQ plutôt que par le privé », indique le rapport.

La société d’État aurait les reins beaucoup plus solides pour participer à l’éradication des acteurs du crime organisé que des commerces localisés.

Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS

L’État pourrait offrir un encadrement « plus responsable » que le commerce privé, la SAQ étant « mieux outillée » pour résister aux pressions du marché noir, ajoute l'IRIS.

Selon ce mode de distribution, les profits réalisés serviraient alors au financement des services publics.

Miser sur l'expertise de la SAQ

« Le rapport [du fédéral] n’indique pas de ne pas confier le commerce du cannabis à des monopoles publics, mais nous met en garde contre la co-implantation », précise Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS.

Le groupe de travail, présidé par l'ancienne ministre de la Justice Anne McLellan, a recommandé de vendre la marijuana dans des centres de distribution afin de ne pas encourager une consommation simultanée de cannabis et d’alcool.

L'IRIS propose plutôt de profiter de l’expertise de la SAQ en matière de vente de produits qui pourraient créer une dépendance, comme l’alcool. Les redevances générées par ce commerce, estimées par l’IRIS à 457 millions de dollars, pourraient permettre de financer de nouvelles infrastructures pour la vente de cannabis, explique M. Hurteau.

Dans son rapport, l’IRIS ne détaille pas comment s’organiserait cette mise en marché dans les succursales de la SAQ.

Un « débat très prématuré » pour Québec

Sur ce dossier, la SAQ attendra à son tour la décision de Québec, a déclaré Renaud Dugas, porte-parole de la société d’État. « Si la volonté est d’amener la SAQ à jouer un rôle dans la commercialisation du cannabis, elle s’ajustera à cette nouvelle réalité », a-t-il indiqué.

Le gouvernement du Québec n’a pas encore annoncé quel mode de distribution il compte privilégier sur son territoire, jugeant le débat sur ces modalités « très prématuré ».

Québec attendra la présentation du projet de loi sur l’encadrement du commerce, qui doit avoir lieu au printemps 2017, avant de se prononcer, a fait savoir le cabinet du ministre des Finances, Carlos Leita­o.

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