La Réserve fédérale américaine laisse les taux d'intérêt inchangés, tout en avertissant que l'inflation s'accélérerait en cours d'année, ce qui laisse présager une hausse des taux d'intérêt pour mars.

Après avoir augmenté les taux d'un quart de point en décembre dernier, la Fed les a laissés cette fois dans la fourchette contenue entre 1,25 % et 1,50 %, a-t-elle annoncé mercredi, au terme d'une réunion dirigée pour la dernière fois par la présidente de son Conseil des gouverneurs, Janet Yellen.

Cette démocrate nommée par Barack Obama, âgée de 71 ans, aura dirigé la banque centrale américaine pendant quatre ans. Elle quittera samedi un poste qu'elle a été la première femme à occuper.

Un avocat d'affaires et ancien banquier, Jerome Powell, lui succédera lundi. Désigné par Donald Trump, l'homme de 64 ans, qui a été gouverneur de la Fed pendant cinq ans, dirigera la réunion monétaire de mars prochain.

Donald Trump avait reproché à la présidente Yellen d'avoir maintenu les taux à un niveau trop bas depuis le début de son mandat dans le but d'avantager les démocrates en vue de l'élection du 8 novembre 2016. Il a pourtant choisi un nouveau président du Conseil des gouverneurs qui a plusieurs points communs avec sa prédécesseure.

Considéré comme un homme de consensus, M. Powell a toujours suivi la politique monétaire prudente de Mme Yellen, et il a déjà indiqué qu'il adopterait une approche similaire à la sienne.

Plusieurs hausses en perspective

La Fed prévoit maintenant que l'inflation « remontera cette année pour se stabiliser à moyen terme autour de la cible de 2 % ».

La Réserve fédérale a haussé son taux directeur à trois reprises en 2017, et la plupart des économistes s'attendent à ce qu'elle le fasse à trois – peut-être même quatre – reprises cette année.

Le taux de chômage est de 4,1 %, un creux qui n'avait pas été atteint depuis 17 ans. L'économie américaine a progressé au rythme annualisé de 2,6 % pendant le dernier trimestre de 2017, et de 2,3 % pendant toute l'année. Un rythme que le Comité monétaire de la Fed a qualifié de « solide », en soulignant que les gains d'emploi avaient été « robustes ».

Les économistes s'attendent à ce que la réforme fiscale de l'administration Trump, adoptée par le Congrès le mois dernier, contribue à propulser plus encore cette croissance économique.