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La grève à l'Aluminerie de Bécancour coûte 600 000 $ par jour aux contribuables selon le syndicat

Le Syndicat des Métallos, qui représente les 1030 employés en lock-out de l'Aluminerie de Bécancour (ABI), a soutenu que le conflit de travail coûte environ 600 000 $ par jour aux contribuables du Québec.

Cette somme, selon le syndicat, correspond au manque à gagner quotidien qu’enregistrerait Hydro-Québec depuis le début du lock-out. Depuis le déclenchement du lock-out, le 11 janvier dernier, ce manque à gagner serait au total de 41,7 millions de dollars, a affirmé le Syndicat des Métallos.

Le syndicat a présenté ces calculs comme étant ceux d’un analyste indépendant qui s’est penché sur les termes du contrat liant Hydro-Québec, le gouvernement du Québec et les propriétaires de l’ABI.

« Le gouvernement devrait s’en mêler », estime le président de la section locale du Syndicat des Métallos, Clément Masse. « Ça devient public quand l’ensemble des citoyens perd 600 000 $ par jour. Pour Hydro-Québec, ce sont des pertes de revenus. Vont-ils nous refiler la facture? C’est ce qu’on dénonce. »

Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois déplore lui aussi la tournure des événements. « On apprend qu'Hydro-Québec donne un passe-droit à ABi en disant qu'un lock-out, c'est comme un tremblement de terre, a déclaré Nadeau-Dubois. C'est un cas de force majeure et l'entreprise n'y peut rien si elle n'honore pas son contrat d'approvisionnement en électricité. Pour nous, c'est inacceptable. »

ABI a réduit sa production des deux tiers avec le lock-out, a rappelé le Syndicat des Métallos, réduisant du même coup sa consommation d’électricité.

Toujours selon le syndicat, le contrat d’approvisionnement en électricité prévoit que l’entreprise n’est pas tenue de payer pour l’électricité qu’elle n’utilise pas lors d’un conflit de travail, considéré comme une « force majeure ».

Dans un point de presse tenu mardi matin, le Syndicat des Métallos a prétendu que l’électricité qui n’est pas utilisée à l’ABI représente 4 TWh sur une base annuelle, un total qui vient s’ajouter aux surplus d’Hydro-Québec.

La société d'État n'a pas voulu dévoiler les termes et l'interprétation du contrat qui la lie à l'ABI. La direction de l'aluminerie n'a pas voulu faire de commentaires à ce sujet.

Une nouvelle offre bientôt déposée?

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a déclaré que la direction de l’ABI a l’intention de déposer une nouvelle offre à ses employés syndiqués « d’ici quelques semaines ».

Donald Martel souhaite que l’offre soit déposée et accueillie de bonne foi par les deux parties. « Je souhaite que cette proposition soit constructive, pas que la direction dépose une proposition juste pour en déposer une », a cependant tempéré le député.

L’élu caquiste a aussi critiqué l’approche du gouvernement libéral et de la ministre du Travail, Dominique Vien.

La ministre a nommé un conciliateur dans le dossier du conflit de travail à l’ABI. Donald Martel a soutenu qu’en forçant le syndicat et l’entreprise à se rencontrer alors qu’ils n’étaient pas prêts, la ministre « a favorisé l’éloignement des deux parties. »

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