Le bleuet sauvage a la cote. On l'aime pour son goût et ses vertus santé. Si le Québec possède la plus grande surface cultivée au pays, le Nouveau-Brunswick lui fait une concurrence solide, grâce à des rendements bien supérieurs. 

Un texte de Rachel Brillant de l'émission La semaine verte

C'est plutôt étonnant. Le Québec possède une surface cultivée de bleuets sauvages deux fois plus grande que celle du Nouveau-Brunswick. Pourtant, la province voisine obtient une productivité incomparable.

Moins de gels

Dans la péninsule acadienne, l'effet de la mer qui provoque des hivers plus doux, alors que les bleuetières du Québec subissent des gels mortels un hiver sur trois. Il se trouve aussi que sur le plan des méthodes agricoles, les deux provinces ont des pratiques différentes.

Plus d'engrais

Pour avoir une tige assez forte qui permettra de soutenir une grosse grappe de fruits, de plus en plus de producteurs du Nouveau-Brunswick appliquent de l'engrais chaque année. Au Québec, les épandages sur les bleuetières se font plutôt une année sur deux.

Plus d'insectes pollinisateurs

Une pollinisation efficace des fleurs du bleuetier est un gage de rendement en fruits. Dans les bleuetières du Nouveau-Brunswick, de nombreux bourdons et abeilles sont au travail. Deux fois plus qu'au Québec!

Moins de sécheresse

Au Québec, les épisodes de sécheresse en été sont plus fréquents. Ce qui donne des bleuets plus petits. Au contraire, la péninsule acadienne connaît depuis 10 ans des étés aux précipitations plus importantes. L'irrigation n'est pas nécessaire au Nouveau-Brunswick, alors qu'au Québec, plusieurs producteurs songent à l'adopter.

Un bleuet exporté avec succès

D'ailleurs, 95 % des bleuets sauvages du Québec et du Nouveau-Brunswick sont surgelés pour être exportés dans une trentaine de pays. Le bleuet est un aliment santé, prisé pour ses propriétés antioxydantes, et la demande internationale est en croissance.

Depuis 2005, la production mondiale de bleuets a doublé. Mais de nouveaux joueurs font concurrence aux producteurs d'ici. Vingt-quatre pays cultivent maintenant le bleuet dans le monde. Pas le bleuet sauvage, mais une autre espèce : le bleuet en corymbe.

À l'étranger, le Chili a surclassé les États-Unis et est devenu le premier exportateur de bleuets en corymbe au monde.

Une croissance fulgurante

La croissance annuelle de production de bleuets au Chili est de 20 % alors qu'elle n'est que de 6 % au Canada et aux États-Unis.

Avec leurs bleuets géants de culture, le Chili et les pays producteurs émergents créent une pression à la baisse sur les prix. Mais d'autres marchés pourraient être développés. Encore 80 % des bleuets sont consommés en Amérique du Nord. Et la moitié de l'humanité qui aurait les moyens d'en acheter ne les a pas encore découverts.