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La guerre tarifaire avec les États-Unis a déjà un impact au Manitoba

Les manufacturiers manitobains qui dépendent d'importations des États-Unis ressentent l'impact des tarifs américains sur l'aluminium et l'acier. Ils redoutent aussi les effets de la riposte canadienne annoncée aujourd'hui.

Le plus grand manufacturier de camions de pompier du Canada, Fort Garry Fire Trucks, affirme qu’il a déjà augmenté le prix d’un camion neuf d’un pour cent, en raison de pertes liées aux tarifs américains et aux contre-tarifs d’Ottawa.

« Dès qu’il y a une hausse des prix, que ce soit pour les matières premières, le transport ou encore les taxes douanières, c'est le client qui finit par payer », affirme la vice-présidente chargée des finances de l’entreprise winnipegoise, Sandy Skrumeda.

Fort Garry Fire Trucks manufacture entre 100 et 125 camions de pompiers sur mesure par année pour des municipalités canadiennes, américaines, et d’outre-mer. Un camion coûte de 200 000 $ à 1 million de dollars.

Mme Skrumeda indique que 70 % des pièces proviennent des États-Unis, et que nombre d’entre elles, comme des échelles en aluminium, pourraient être sujettes aux nouveaux tarifs. La compagnie a cherché de nouveaux fournisseurs, mais elle est revenue bredouille.

Difficile de remplacer trente ans de relations commerciales avec les fournisseurs américains, selon Mme Skrumeda. Elle indique que certaines pièces comme les échelles en aluminium ne sont même pas fabriquées au Canada.

Une menace pour tout le secteur manufacturier

Les prix des produits manufacturés au Manitoba et vendus aux États-Unis qui risquent aussi d’augmenter. Les États-Unis sont la première destination des exportations manitobaines, suivis par la Chine, le Japon, et le Mexique.

Outre les camions de pompiers, le Manitoba fabrique des pièces pour le secteur aérospatial et des autobus. L’économiste Raymond Clément croit qu’un prolongement du conflit commercial pourrait nuire à cette industrie dans la province.

« Du côté de la manufacture industrielle [...] New Flyer et Motor Coach Industries, fournissent un tiers des autobus en Amérique du Nord et il y a environ 6000 à 6500 emplois dans ce secteur-là », déclare-t-il.

L'économiste modère ses propos en soulignant qu’il s’agit d’une question de temps. Si un nouvel accord commercial est obtenu rapidement, l’économie manitobaine pourrait s’en sortir indemne.

Avec des informations de Laura Glowacki