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La hausse du coût de l’énergie force des conseils scolaires à devenir plus verts

Les particuliers et l'industrie ne sont pas les seuls à subir des hausses de leur factures d'électricité en Ontario. Les conseils scolaires font un constat similaire, pourtant les initiatives pour rendre les écoles plus éconergétiques ne manquent pas.

Un texte de Marine Lefèvre

La pilule est difficile à avaler pour le Conseil scolaire catholique Providence. Sa facture d’électricité a augmenté de 200 000 $ cette année, soit une hausse d’environ 12 %.

Pourtant le conseil scolaire a adopté une stratégie verte pour réduire l’empreinte environnementale de ses établissements, explique Joseph Picard, directeur de l'éducation du conseil. Les lumières ont été équipées d'ampoules à DEL plus écoénergétiques.

On s’attendait à des retombées positives. On a découvert des factures plus élevées.

Joseph Picard, directeur de l'éducation du Conseil scolaire catholique Providence

M. Picard souligne toutefois que la consommation est tout de même à la baisse.

Même constat au Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario. La facture annuelle d’électricité a augmenté de 5,2 % au cours des quatre dernières années, indique dans un courriel Carole Dubé, directrice des communications du conseil.

Là aussi, des mesures ont été mises en place pour limiter les effets de ces hausses. Des détecteurs de mouvement pour que les lumières des salles de classe s’éteignent automatiquement et de nouvelles ampoules ont notamment été installés.

Quoiqu'il arrive, les services aux élèves ne sont pas touchés par ces hausses, affirment les responsables de ces conseils scolaires.

Un changement de culture

Le Conseil scolaire Viamonde a aussi pris un virage vert depuis 2006.

« On veut s’assurer de protéger l’environnement, au niveau de l’utilisation énergétique ou de la consommation de l’eau », affirme Claire Francoeur, directrice des communications et du marketing de Viamonde.

Plusieurs écoles possèdent d'ailleurs la certification écoénergétique LEED, notamment l'école secondaire Lamothe-Cadillac à Windsor.

Mais avec une hausse de 50 % du kWh entre 2009 et 2016, cette approche prend tout son sens.

« L’augmentation des coûts n’est jamais une bonne chose, on a toujours d’autres projets qu’on voudrait faire, mais l’idée derrière notre politique environnementale est vraiment de s’assurer qu’on utilise au maximum nos ressources et qu’on n'en utilise pas trop », souligne Mme Francoeur.

On veut faire une gestion efficace. On veut être de bons citoyens.

Claire Francoeur, directrice des communications et du marketing au conseil scolaire Viamonde

Des pistes de solution

Mustapha Ouyed, président d'OSC Consultants, une firme de service-conseil en énergie, est convaincu que ces stratégies seront rapidement payantes.

Toutes les études le montrent, l’efficacité énergétique est l’action la plus rentable.

Mustapha Ouyed, président d'OSC Consultants

Selon lui, les moyens sont multiples pour les conseils scolaires afin d'améliorer leurs résultats dans ce domaine.

M. Ouyed précise d'ailleurs qu'il est possible d'agir au-delà de l'équipement pour consommer moins d'énergie.

« On peut s'attaquer à la structure du bâtiment qui pourrait présenter des sources de perdition d'énergie en augmentant son isolation avec des toits verts ou en récupérant l'eau chaude », indique-t-il.

Des efforts qui coûtent cher

À Providence, les efforts s’accentuent. D’autres mesures accessibles sont prévues comme l’installation de thermostats pour mieux contrôler le chauffage ou l’utilisation de logiciels pour éteindre les ordinateurs.

M. Picard n’exclut pas non plus des travaux plus importants qui pourraient comprendre l'installation de gros équipements comme des panneaux solaires.

Mettre en place ces initiatives-là, ça coûte de l’argent. Pour économiser, il faut investir, mais il y a de moins en moins d’argent disponible.

Joseph Picard