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La ligne de transmission divise Hydro-Manitoba, les Premières Nations et les résidents aux audiences de l'ONE

Des représentants de Premières Nations et de résidents du sud-est de Winnipeg ont interrogé, mercredi, les experts d'Hydro-Manitoba au sujet du projet de ligne de transmission d'électricité vers le Minnesota. Dans le cadre des audiences que tient l'Office national de l'énergie (ONE) sur ce projet, les premiers critiquent un processus de participation insuffisant; les seconds demandent un déplacement du projet.

Un texte de Mathilde Monteyne

Les Premières Nations estiment que le processus de participation mis en place par Hydro-Manitoba est insuffisant, ce qu’a vigoureusement contesté cette dernière.

Toutefois, questionnée pour savoir si elle tiendrait compte des recommandations de la Première Nation de Peguis pour prévenir les feux en période de sécheresse lors des travaux, Hydro-Manitoba a rétorqué qu'elle se fonderait plutôt sur des mécanismes préventifs déjà existants.

Par ailleurs, les représentants autochtones ont aussi laissé entendre que les communautés les plus isolées n'avaient pas les moyens d'accéder aux informations sur le projet, ce qui les a empêché de s'exprimer.

Hydro-Manitoba a répondu que, pour assurer une information optimale, elle avait utilisé les médias, mis en place un comité de suivi composé de représentants de Premières Nations et organisé des rencontres publiques et bilatérales.

« Il y a des circonstances dans lesquelles des processus de participation plus proactifs sont les bienvenus », a indiqué un représentant de Premières Nations.

Hydro-Manitoba a exposé les critères utilisés pour déterminer quelles Premières Nations pourraient être touchées par le projet. Ces critères concernent principalement la localisation des communautés et si elles sont signataires ou non du Traité numéro 1. Les autochtones estiment que ces critères ont mené à une liste incomplète de peuples concernés.

L'incompréhension des résidents affectés

Kevin Toyne, l’avocat représentant une Coalition formée de résidents habitant au sud-est de Winnipeg, s’est aussi exprimé mercredi après-midi. Il demande à Hydro-Manitoba de modifier le tracé de la ligne de transmission.

« Personne ne veut d’une ligne de 500 kilovolts sur son terrain quand elle pourrait être placée 3 ou 5 kilomètres plus loin sans gêner personne », a ainsi affirmé Jim Teleglow, un résident membre de la Coalition.

Kevin Toyne dit ne pas comprendre pourquoi Hydro-Manitoba tient tant au tracé actuel. Il demande aux experts d’examiner la possibilité de faire passer la ligne à l’est de La Broquerie, sur un terrain qui, selon lui, fait déjà l’objet de perturbations du fait d’une ligne de chemin de fer et d’une autoroute.

Il propose de faire passer le projet entre ces deux voies, plutôt que sur le terrain des résidents qu’il représente.

Et pour la suite?

L'ONE entendra jeudi les conclusions finales de l'Association des consommateurs du Canada, représentée par Katrin Daley. Selon cette avocate, Hydro-Manitoba soutient dans sa demande à l'Office, que la ligne de transmission permettrait de diminuer le coût de l'électricité au Manitoba. Mais l'Association émet des doutes étant donné que ces affirmations se basent sur les prix de 2016. Katrin Daley demandera donc très probablement à Hydro-Manitoba de mettre ses calculs à jour.