Retour

La pêche au crabe progresse malgré les zones fermées

La pêche au crabe des neiges se poursuit à un rythme « acceptable » malgré l'interdiction d'exercer cette activité dans certaines zones du golfe du Saint-Laurent.

Un texte de Pierre-Philippe LeBlanc et Camille Martel

Le ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne interdit toute pêche dans certains secteurs où se trouvent des baleines noires de l’Atlantique Nord, afin de protéger ces dernières.

Vendredi dernier, à près de deux semaines de la fin de la saison, les pêcheurs du Nouveau-Brunswick avaient capturé près de 85 % de leur quota, ce qui est acceptable selon Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP).

On pense qu’on a quelques pêcheurs qui ont terminé. Ceux qui ont été moins chanceux négocient avec ceux qui ont terminé pour transférer des contingents afin de s’assurer qu’on réussisse à la fin de juin à capturer essentiellement tout le contingent. On n’est pas certain encore qu’on réussira à le capturer, mais on le souhaite en tout cas. 

Un meilleur prix cette année

Les pêcheurs obtiennent toutefois un meilleur prix pour leurs prises cette année que l’an dernier, souligne M. Lanteigne.On n’a pas de confirmation, nous, comme association, exactement combien c’est, mais on sait que c’est supérieur à l’an passé. 

Mais les pêcheurs auront eu plusieurs difficultés à surmonter cette saison avec les conditions météorologiques défavorables au printemps et les zones fermées à l’arrivée des baleines.

Ça été une saison difficile parce qu’il y a eu beaucoup d’endroits surpêchés. Ensuite, on a un nombre élevé de casiers perdus. Parce que quand on concentre l’effort de pêche à certains endroits, il y a des endroits où il y a énormément de ballons sur l’eau, et comme les pêcheurs voyagent aussi la nuit on s’accroche là-dedans, on perd des casiers. Des casiers sont déplacés. Beaucoup de casiers sont mêlés les uns sur les autres, explique Jean Lanteigne.

Des débarquements irréguliers

Et qu’en est-il de la diminution de débarquements dans les usines de transformation? Ils ont été beaucoup plus lents cette année, indique Jean Lanteigne qui dit avoir constaté des débarquements plus irréguliers.

Les pêcheurs débarquaient des 10 000 livres par-ci et par-là alors que d’habitude, un pêcheur peut ramener entre 25 000 et 30 000 livres à quai, note-t-il.

Selon lui, c’est ce qui a influencé la dynamique dans les usines cette année, notamment la baisse du nombre d’heures et les pertes d’emploi.

Difficile par contre de savoir si plus de pêcheurs ont débarqué leurs prises ailleurs qu’au Nouveau-Brunswick cette année : On a pas de données là-dessus. Chaque année, des pêcheurs débarquent leurs prises ailleurs et on a aussi des pêcheurs d’ailleurs qui débarquent leurs prises au Nouveau-Brunswick.

Trop tôt aussi pour dire si cela va affecter l’admissibilité à l’assurance-emploi cette année pour les travailleurs de l’industrie.

On a pas encore toutes les informations relativement à ça. Le constat qu’on fait c’est surtout qu’on espère ne pas revivre la même situation l’an prochain.

Des fermetures inutiles, selon les pêcheurs

Jean Lanteigne estime que Pêches et Océans Canada n’a pas visé juste en fermant une zone statique.

L’expérience démontre qu’on aurait pu vivre sans et n’avoir que des fermetures dynamiques, indique-t-il.

Nous avons commencé la pêche à la fin du mois d’avril et la première baleine a été aperçue au large du Cap-Breton le 15 mai donc on aurait eu tout ce temps-là pour pêcher dans la zone statique, ce qui aurait changé beaucoup de choses pour nous, conclut-il.