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La pénurie de chefs secoue les restaurants en Colombie-Britannique

L'Association des restaurants et des services alimentaires de la Colombie-Britannique sonne l'alarme concernant la pénurie de chefs cuisiniers et d'employés qui sévit dans la province.

Un texte de Charlotte Dumoulin

Pour s'attaquer au problème, l'association a tenu une conférence mardi à Vancouver où des propriétaires et gérants de restaurants ainsi que des chefs cuisiniers étaient conviés.

En tant que président de la chaîne canadienne de restaurants Denny’s, Bobby Naicker est bien placé pour témoigner de la crise.

« Certaines de nos franchises sont seulement ouvertes pendant les déjeuners et les dîners maintenant, parce que nous n’arrivons pas à embaucher des employés », explique M. Naicker. Il précise qu'à l'origine les Denny’s sont des restaurants ouverts 24 heures sur 24.

Bobby Naicker croit que la difficulté d'embaucher provient d'un changement de génération. Selon lui, l’industrie de la restauration passionne moins les milléniaux.

Il constate que les jeunes d'aujourd’hui s’attardent davantage à certains détails du métier et cela crée chez eux des frustrations. Les nouveaux employés ne s’imaginent souvent pas faire carrière dans le domaine de la restauration. Ils quittent leur emploi parfois après quelques mois.

« Nous devons leur prouver que travailler en restauration peut être une carrière », soutient Deborah Gagnon, la vice-présidente des restaurants Denny’s.

Manu Fournier est chef cuisinier dans un restaurant du centre-ville de Vancouver. Malgré sa passion pour le métier, il comprend les défis qui peuvent faire fuir certains. Les horaires atypiques, la difficulté de la conciliation travail-famille et les bas salaires peuvent décourager les gens à poursuivre dans le domaine.

Hausse de salaire

L’Association a proposé des solutions au cours de la rencontre pour enrayer le problème de recrutement dans les restaurants.

Il faut, dit-elle, apporter des changements en commençant par des salaires de 17 à 18 $ de l'heure et des avantages sociaux. Il faut aussi donner aux jeunes la possibilité de se bâtir une carrière dans les restaurants.

Deborah Gagnon est en accord avec cette dernière proposition : « On doit discuter avec les employés et leur dire faire comprendre que travailler dans les restaurants, ce n’est pas qu’un emploi en attendant d’avoir une autre carrière. »

L’Association des restaurants et des services alimentaires de la Colombie-Britannique veut également travailler de concert avec les employeurs pour donner aux travailleurs des horaires permettant d’harmoniser leur vie personnelle avec leur emploi.

Avec les informations de Pierre Martineau