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La Presse met fin à sa version papier en semaine

Lire l'édition papier de La Presse en semaine sera de l'histoire ancienne à compter du 1er janvier. C'est en effet la version numérique accessible sur tablette, La Presse+, qui remplacera le journal tel qu'on le connaît en vertu d'une décision annoncée aujourd'hui.

Le samedi, en revanche, les abonnés et autres acheteurs en kiosque pourront feuilleter La Presse comme dans le bon vieux temps, puisque l'édition papier du weekend va demeurer.

Ce changement majeur survient 30 mois après le lancement de La Presse+.

Citant des données de la firme Crop, le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, affirme par voie de communiqué que « plus de 460 000 personnes consultent désormais La Presse+ chaque semaine ». Ce qui en fait un véhicule « beaucoup plus performant » que l'édition papier, dit M. Crevier.

Ce dernier déclare aussi que les annonceurs ont adopté La Presse+ « comme véhicule publicitaire créatif, performant et mesurable pour joindre une clientèle de premier plan ».

La fin d'une époque

Du côté de l'entreprise, on explique le maintien de La Presse du samedi par la nécessité de conserver « un rituel fort et convivial auquel certains lecteurs sont très attachés ». Mais, rituel ou pas, le quotidien montréalais fondé en 1884 abandonne presque totalement le papier, ce qui illustre « le monde dans lequel on vit, un monde qui est en profond changment », d'expliquer Guy Crevier lors d'une entrevue accordée à ICI RDI, tout juste après avoir annoncé la nouvelle aux employés de La Presse.

Les employés du quotidien sauront le 24 septembre prochain si ce virage technologique accentué se traduira par des pertes d'emplois.

Guy Crevier explique que c'est un choix qui s'imposait. « La business des journaux repose sur deux bases : des revenus de circulation, donc d'abonnement, et des revenus de publicité. Et, pour l'ensemble des journaux, depuis une quinzaine d'années, ces deux sources de revenus-là sont en baisse marquée. »

Le président et éditeur de La Presse affirme qu'à la fin du mois de décembre, 85 % des revenus publicitaires proviendront des plateformes numériques, ce qu'aucun journal au monde n'a réussi à faire jusqu'ici, selon lui.

Cette annonce survient au lendemain du lancement de l'application pour tablette du Toronto Star, calquée sur la plateforme du quotidien montréalais. « C'est nous qui avons vendu la plateforme au Toronto Star, a affirmé Guy Crevier sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première. Donc, non seulement on est en train de changer le monde des médias au Québec mais, aussi, au Canada. Je suis très fier de ça. »

Gesca, une filiale de Power Corporation qui possède La Presse, a investi quelque 40 millions de dollars pour le développement de sa plateforme numérique.

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