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La réduction du taux d’alcoolémie déplaît à des tenanciers de bars de l’Est

La réflexion du gouvernement fédéral autour de la réduction du taux d'alcool permis au volant fait réagir les propriétaires de bars de l'Est du Québec. La ministre fédérale de la Justice songe à abaisser le taux limite d'alcool de 80 mg à 50 mg par 100 ml de sang, selon une lettre envoyée à son homologue québécoise, Stéphanie Vallée.

Un texte d'Alix Villeneuve

Quatre tenanciers de bars contactés par téléphone dans l’Est du Québec sont unanimes. Selon eux, l’instauration d’une telle mesure aurait des conséquences négatives sur leur achalandage.

Ils avancent que leur industrie éprouve déjà des difficultés depuis l'interdiction de fumer sur les terrasses instaurée en mai 2016 ou les limites d'alcool imposées aux jeunes conducteurs en vigueur depuis avril 2012.

« Ça fait au moins quatre ou cinq ans qu’il n’y a rien pour les commerces. S’il faut en plus qu’il nous baisse la limite [d’alcool dans le sang], on ne sortira plus pantoute pour aller prendre une bière », ajoute Jean-Luc Pigeon, qui travaille depuis 17 ans à la Boulathèque de Baie-Comeau.

« Le monde aura plus de lousse pantoute. À une bière ou deux petites bières, ils auront passé la limite. À un moment donné, il faut garder une limite pis laisser vivre le monde un peu ! » lance pour sa part Robert Després, du bar Chez Ti-Poil de Pohénégamook.

L'Union des tenanciers de bars du Québec a aussi émis des réserves face à cette mesure. « L'U.T.B.Q. demande au gouvernement du Canada de reconsidérer cette mesure pour plutôt investir dans les effectifs des corps policiers du pays, ce qui leur permettrait d'intervenir sur le terrain avec des barrages plus fréquents pour vérifier si le taux de 0,08 est respecté », écrit-elle par voie de communiqué.

Des services de raccompagnement rare en région

Certains tenanciers de bars ont lancé que les services de raccompagnement seraient la solution à envisager pour améliorer la sécurité sur les routes.

« Le gouvernement devrait donner des moyens pour pouvoir se déplacer, ramener son auto comme avec un raccompagnement », plaide Pascal Gagnon copropriétaire du complexe Le Triangle de Rivière-du-Loup.

Dans les principales villes de l’Est du Québec, de tels services sont généralement assurés par les compagnies de taxis locales.

Tolérance Zéro, une entreprise qui se spécialise dans ce type de raccompagnements est présente dans neuf régions du Québec, mais absente de l’Est du Québec. Selon l'entreprise, il est difficile d’y être rentable et de trouver suffisamment de bénévoles.

« Regarde, ici à Victoriaville, on est une petite ville, on doit être 50 000… et c’est borderline… », précise le directeur de Tolérance Zéro, Éric Champagne.

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