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La rigueur et l'austérité à Québec saluées par Standard and Poors

C'est dans un enthousiasme à sabrer le champagne que Standard and Poors a salué la gestion des finances publiques du gouvernement Couillard, mercredi. L'agence de notation parle d'un « bilan budgétaire solide, [d']une gestion financière solide et [d']une très forte économie ». Le Parti libéral du Québec, écrit Standard and Poors, « a adopté une politique fiscale et économique prudente ».

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

Un bémol tout de suite : la croissance économique est faible au Québec et les économistes s'entendent pour dire que les compressions budgétaires des deux dernières années ont un rôle à jouer dans l'économie lente du Québec. Il est étonnant que Standard and Poors évoque une « économie très forte » et fasse fi des effets des restrictions budgétaires dans un tel contexte.

Mis à part cet élément qui peut nous laisser perplexes dans l'analyse de Standard and Poors, sur le fond, l'agence de notation campe clairement du côté de ceux qui croient à la rigueur budgétaire, à l'austérité, aux compressions et au déficit zéro.

À contre-courant

Alors que le gouvernement du Canada s'autorise des déficits de 30 milliards par année pour investir dans l'économie, alors que le FMI lance un appel pour une stimulation publique de l'économie, Standard and Poors salue les choix du gouvernement Couillard, qui reposent sur les restrictions budgétaires.

En fait, aucun gouvernement au Canada n'exerce autant de rigueur ou d'austérité que le gouvernement du Québec depuis deux ans. C'est pourquoi le gouvernement du Québec est celui qui affiche le surplus le plus important en 2016-2017 à 0,5 % de son PIB. Le Québec fait partie des trois provinces qui sont en surplus, avec la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique.

Cote de crédit « en jeu »

Le gouvernement Couillard cueille, en fait, les fruits de ce qu'il a semé depuis deux ans. Dès ses premières entrevues, le ministre des Finances, Carlos Leitao, disait que le Québec devait éviter de plonger dans un chaos budgétaire comme ce qu'on vu au Portugal ou en Grèce, ajoutant que la cote de crédit du Québec était en jeu. Si cette menace était exagérée pour certains, elle allait certainement servir à justifier les réductions de budget prévues dans tous les ministères, y compris dans un secteur névralgique pour l'économie, l'éducation.

Aujourd'hui, la croissance du Québec est faible, il ne se crée pas d'emplois depuis un an. Et les effets des compressions se font encore sentir. Mais, les finances publiques sont en ordre. Le Québec se démarque parmi les provinces, sa dette commence à baisser et sa cote de crédit pourrait bien être relevée.

Devons-nous nous en réjouir?

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