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La SAQ va réduire ses prix au niveau de ceux de la LCBO en Ontario

La Société des alcools du Québec (SAQ) annonce une baisse de prix sur la majorité de ses vins dans le but de s'aligner sur les prix de la LCBO et de ramener le coût pour les consommateurs au même niveau qu'en Ontario.

Gérald Fillion

  Un texte de Gérald Fillion

« On lance un mouvement qui va se poursuivre sur trois ans », affirme Alain Brunet, PDG de la SAQ, dans une entrevue à RDI économie. L'objectif est d'amener les prix « à parité avec les principaux marchés comparables », surtout l'Ontario.

La première étape va se produire le 9 novembre avec une réduction de 50 cents sur 1600 vins courants et en approvisionnement continu, soit près de 80 % du volume de ventes de la société d'État. D'autres étapes, dont les détails sont à préciser, devraient permettre à la SAQ d'établir des prix comparables à ceux pratiqués par les provinces voisines et les États du Nord-Est américain.

Alain Brunet dit répondre à une demande de la clientèle. « Il y a des segments de prix où on nous dit que les prix sont trop élevés. » D'ici trois ans, le PDG de la SAQ dit viser « le juste prix » pour les vins vendus sur ses tablettes.

Selon plusieurs estimations, l'écart de prix avec la LCBO est de 1 à 2 $ sur les bouteilles vendues actuellement entre 10 et 20 $. Ainsi, à un prix moyen de 15 $ la bouteille, c'est un écart de 7 à 14 % qu'on constate entre les vins vendus par la SAQ et ceux de la LCBO.

« Quand on parle des vins autour de 15 $, affirme Alain Brunet, on a une majoration qui est plus importante sur ce groupe de produits parce qu'on maximisait la performance à travers ça. C'est le gros volume qui se trouve là. [...] La majoration [soit l'écart entre le prix d'acquisition pour la SAQ et le prix de vente] va baisser plus rapidement dans ce type de produit et, à ce moment-là, on va réduire l'écart, on va faire baisser les prix. »

Cette réduction de prix va ralentir la progression des revenus de la société d'État, mais le dividende versé au gouvernement du Québec va demeurer le même, à plus d'un milliard de dollars par année. La SAQ affirme que la gestion serrée de ses frais d'exploitation et une amélioration de ses processus ont permis d'améliorer son efficacité, ce qui lui permet aujourd'hui de baisser ses prix sans affecter ses profits.

« En gestion du pied carré, ajoute Alain Brunet, avec la nouvelle offre qu'on fait - le numérique, le web, la mobilité, la carte Inspire -, on arrive à changer l'expérience au point de vente, ce qui fait qu'on est beaucoup plus dans la dynamique de l'échange, de la dégustation et on peut se permettre de réduire [la quantité] de pieds carrés tout en ayant une expérience intéressante. Et là-dedans, on peut faire des économies. »

La SAQ a aussi annoncé des compressions budgétaires en avril dernier. Environ 90 postes ont été supprimés dans l'administration.

La carte Inspire permet aussi à la SAQ d'améliorer son offre. « Avec le profil du consommateur, qui est très dynamique, on a l'information, affirme le PDG. Et avec cette donnée, on peut beaucoup mieux choisir les produits, offrir les bons produits aux clients, personnaliser selon les goûts et les attentes du client les offres qu'on lui fait. » Au total, 1,7 million de clients ont la carte Inspire, qui est utilisée dans 65 % des transactions financières.

C'est ce travail, au chapitre de l'efficacité et de la productivité, qui permet à la SAQ de réduire ses prix, affirme Alain Brunet, de baisser la majoration sur chaque bouteille.

La majoration est la somme qu'ajoute la société à l'achat d'un produit. Ainsi, par exemple, sur une bouteille vendue à 15 $ en magasin, la majoration représente en ce moment 53 % du prix. Ça veut dire que la SAQ majore de 7,95 $ le prix d'une bouteille qu'elle a achetée à 7,05 $ d'un fournisseur.