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La sécheresse menace les récoltes au Québec

La sécheresse qui sévit depuis plusieurs jours au Québec menace les productions des agriculteurs et éleveurs pour qui l'absence de pluie représente d'importantes hausses de coût et des baisses de rendements pouvant aller jusqu'à la perte de récoltes entières.

Bien que des averses et des orages soient attendus au cours du week-end dans le sud de la province, les faibles quantités de pluie prévues ne suffiront pas à humidifier la terre en profondeur et à remplir les bassins d’irrigation, craignent les agriculteurs, qui pourraient commencer à perdre leurs récoltes si davantage de pluie ne tombe pas dans les prochains jours.

Selon Environnement Canada, des averses doivent apporter environ 5 millimètres de pluie sur le sud du Québec et la vallée du Saint-Laurent au cours du week-end. Des pluies plus importantes sont attendues mardi sur le Québec, qui devrait recevoir cette fois entre 15 et 20 millimètres de pluie, selon les prévisions.

Pertes et coûts de production plus élevés

Pour le moment, les agriculteurs équipés de systèmes d’irrigation arrivent à protéger leurs cultures de la sécheresse, mais le niveau des bassins d’irrigation baisse rapidement. Qui plus est, le déploiement de ces systèmes dans les champs nécessite un surcroît de main-d’œuvre, qui augmente les coûts de production des maraîchers.

À la ferme d’Éric Van Winden, un maraîcher de Napierville, où il n’est pas tombé une goutte de pluie depuis le 30 juin, on a dû embaucher 25 employés de plus pour déployer et déplacer les systèmes d’irrigation sur les terres.

Des choix difficiles

Si la sécheresse se poursuit, explique M. Van Winden, il faudra commencer à laisser tomber certaines cultures pour concentrer les efforts d’irrigation uniquement sur celles qui peuvent être sauvées.

La chaleur et l’absence de pluie pourraient aussi avoir un effet sur la taille des fruits et légumes, notamment les pommes qui pourraient être plus petites cette année, souligne l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie.

Les éleveurs aussi affectés

Outre les productions maraîchères, la production de fourrage est aussi affectée par la sécheresse, notamment au Lac-Saint-Jean, dans le Bas-Saint-Laurent et dans Chaudière-Appalaches, car en période de sécheresse, l’herbe croît plus lentement ou très peu pour survivre au manque d’eau.

Le manque de fourrage est un problème particulièrement important, selon Marcel Groleau, car il devient difficile à trouver « quand tout le monde en manque en même temps », ce qui peut, d’après lui, avoir un impact sur la taille des troupeaux l’hiver prochain.

La chaleur intense affecte également le bétail et la production laitière, car les animaux souffrent autant de l’humidité et de la chaleur accablante que les humains, souligne Marcel Groleau, président de l’UPA.

Bien que les éleveurs et agriculteurs bénéficient d’assurances récolte qui compensent en partie leurs pertes, les indemnités ne couvrent jamais la totalité des coûts que ce genre de pertes entraîne, rappelle le président de l’UPA.