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La sécurité, une priorité pour le nouveau site d'enfouissement nucléaire

La sécurité sera une priorité si Ignace, une petite communauté de 1200 habitants du Nord-ouest ontarien, est choisi comme site d'enfouissement de déchets nucléaire par Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN).

Un texte de Denis-Michel Thibeault

La petite municipalité située entre le lac Agimak et l’autoroute transcanadienne à l’est de Dryden fait partie d’un groupe très restreint de cinq communautés encore en lice pour obtenir l’important projet de site d’enfouissement.

D’importantes questions se posent pour la communauté, puisque jeudi dernier un baril contenant 208 litres de boue nucléaire s’est brisé dans une usine d’Idaho et a provoqué un incendie. Bien qu'il n'y ait eu aucun blessé et aucun risque pour la population lors de cet incident, si Ignace obtient le site de 20 milliards de dollars, il est clair que la communauté s’expose à des risques.

Mahrez Ben Belfadhel, vice-président responsable de la sélection d’un site à la SGDN, se fait rassurant et affirme que la « sécurité est une priorité » pour son organisation. « Nous sommes très, très clairs sur ce point. La sûreté et la sécurité ne seront jamais sacrifiées », affirme le chercheur.

« Ce que nous préconisons est la méthode la plus sécuritaire au moment où l'on se parle », affirme Mahrez Ben Belfadhel, qui explique que 10 ans d’étude seront nécessaires afin de s’assurer que la géologie du site peut recevoir de manière sécuritaire les déchets nucléaires canadiens.

Les chercheurs de la SGDN ont terminé en janvier la phase de forage initiale et étudieront les résultats obtenus cette année. « On n’a pas encore terminé toutes les études nécessaires, mais nous n’avons pas encore trouvé quoi que ce soit pour les exclure du processus », affirme Mahrez Ben Belfadhel.

Une visite importante

La présidente de la Société de gestion des déchets nucléaires, Lauri Swami, et Mahrez Ben Belfadhel ont visité la communauté d’Ignace à la fin du mois de mars. Ils ont profité de leur visite pour examiner les échantillons de carottes provenant du premier trou de sonde. Le but de la rencontre était de discuter avec les résidents de la municipalité.

Un plan économiquement important

Le projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires à Ignace peut représenter un risque, aussi minime soit-il, mais le risque vaut son pesant d’or.

Un site d'enfouissement pourrait donner un nouveau souffle à Ignace, une ville dont la population baisse d’un recensement à l’autre.

Selon les estimations de la SGDN, la construction du site pourrait créer 400 emplois directs tandis que son exploitation prodiguerait du travail à 520 personnes sur une période de 40 ans.

Elle envisage de choisir l'emplacement idéal d’ici 2023.

Au départ, 22 communautés avaient démontré de l’intérêt, mais plus que cinq municipalités, toutes en Ontario, sont encore à l’étude.

Le gouvernement canadien cherche à enfouir 2,7 millions de lots de déchets qui sont à l'heure actuelle entreposés sur des sites de réacteurs nucléaires au Manitoba, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

La Société de gestion des déchets nucléaires veut enfouir les résidus radioactifs à 500 mètres de profondeur.

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