Retour

La survie du tronçon de chemin de fer entre Bathurst et Miramichi toujours menacée?

Un tronçon de chemin de fer au Nouveau-Brunswick entre Bathurst et Miramichi, sauvé in extremis il y a trois ans, pourrait encore être démantelé. Radio-Canada a appris qu'une clause de l'entente conclue pour la remise à neuf du chemin de fer menace toujours sa survie.

Le contrat conclu entre le Canadien National (CN), le gouvernement provincial et le fédéral prévoyait un investissement de 60 millions de dollars pour la remise à neuf du tronçon de 70 km. Le rail propriété du CN est surtout utilisé par le train de passagers de VIA Rail.

Or, une clause du contrat stipule que si le transport de marchandises diminue sur le tronçon, le CN pourrait cesser ses activités sur cette portion de voie ferrée.

Le ministre des Transports du Nouveau-Brunswick, Bill Fraser, affirme que cette clause du contrat signé par le gouvernement conservateur de l'époque et le CN le préoccupe beaucoup.

« Si le nombre de wagons diminue pour deux années consécutives en deçà du niveau de 2012, le Canadien National aura le droit de se retirer de l'entente », explique le ministre. Il faut que le commerce, le nombre de trains de marchandises augmente sur ce chemin de fer. »

Selon le ministre Fraser, la clause entre en vigueur à partir de 2018, soit l'an prochain, et la situation actuelle n'est pas rassurante. « Il n'y a pas de hausse de marchandise. Au contraire, il y a une baisse de wagons de marchandises dans le nord de la province, alors que dans le sud ça a été stable », affirme M. Fraser.

Le CN avait tenté de vendre le tronçon en février 2014 faute de rentabilité.

Une clause méconnue

Le président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), Luc Desjardins, est surpris d'apprendre l'existence d'une telle clause.

« On n'était pas au courant qu'il y avait cette condition-là à l'entente. Le CN, c'est un service gouvernemental qui a été vendu à l'entreprise privée [mais] il y a quand même un contrat social », estime M. Desjardins.

Luc Desjardins admet que cette condition est troublante, puisqu'il pourrait faire en sorte qu'il serait plus difficile de rentabiliser le tronçon.

Le problème c'est que si il y a de l'incertitude sur la ligne, les commerces, les entreprises vont hésiter à l'utiliser, va falloir qu'on ait des garanties que la ligne va rester.

Luc Desjardins, président, AFMNB

Le ministre des Transports a rencontré récemment les présidents du CN et de VIA Rail pour les encourager à collaborer.

« Je leur ai dit à quel point le train de passagers est important... mais aussi comment nous pouvons augmenter le nombre de trains de marchandises sur le tronçon », indique Bill Fraser.

Le ministre Fraser a indiqué que le gouvernement du Nouveau-Brunswick va mettre en place un comité de travail. Un consultant sera nommé au cours des prochaines semaines pour amener davantage d'entreprises à utiliser le chemin de fer.

D'après le reportage de Nicolas Steinbach

Plus d'articles