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La tordeuse et les prix du bois préoccupent les producteurs forestiers

Les syndicats des producteurs de bois du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie mènent ces jours-ci leurs assemblées de secteur pour faire le bilan de l'année 2017 et se tourner vers l'avenir. Deux sujets sont sur toutes les lèvres : l'infestation de la tordeuse du bourgeon de l'épinette et le prix du bois de sciage.

Un texte d'Isabelle Larose

Alors que 2018 est bien amorcée, le mécontentement persiste chez les producteurs de bois de la région concernant les sommes qui leur sont versées par les industriels.

Le président du Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie, Berthold Gagné, estime que ses membres ne reçoivent pas une part équitable, malgré la flambée des prix du bois de sciage.

« C'est lié au fait qu'il y a une taxe américaine, croit M. Gagné, et les industriels se servent de ça pour avoir notre bois à rabais. Ils nous demandent toujours des baisses de prix, même si on n'a jamais connu un prix aussi haut sur le marché. L'indice Pribec de la semaine dernière était à 640$ du 1000 pieds, c'est du jamais vu! »

Même son de cloche du côté du Bas-Saint-Laurent. « On frappe un mur quand on veut négocier des prix dans le bois de sciage », affirme le directeur général du syndicat des producteurs forestiers, Charles-Edmond Landry.

Un arbitrage entre le Syndicat des producteurs de la Gaspésie et Temrex aura d'ailleurs lieu à la mi-avril devant la Régie des marchés agricoles. Les producteurs ne vendent plus leur bois à la scierie de Nouvelle depuis un an puisqu'ils estiment qu'ils sont lésés par le prix offert.

Les producteurs gaspésiens mécontents du travail de Québec

Par ailleurs, le Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie dénonce le laxisme de Québec dans le dossier de la tordeuse du bourgeon de l'épinette.

Selon le président du syndicat, Berthold Gagné, le gouvernement n'a pas fait son travail auprès d'Ottawa pour faire valoir l'urgence d'agir sur son territoire. C'est ce qui explique selon lui que le dernier budget fédéral accorde 75 millions de dollars exclusivement aux provinces de l'Atlantique pour lutter contre l'insecte.

« On semble reprocher aux gens du Nouveau-Brunswick et de l'Atlantique d'avoir eu des sommes d'argent, déplore M.Gagné. Ce n'est pas ça l'approche qu'il faut avoir. S'ils ont réussi à avoir de l'argent, c'est parce qu'ils ont travaillé et qu'ils ont fait des pressions. »

Surplus de sous-produits du bois

Le directeur général du syndicat bas-laurentien voit une autre ombre au tableau : les surplus de copeaux qui s'accumulent dans les cours des scieries.

« Cela a eu un impact sur la mise en marché, explique Charles-Edmond Landry, parce qu'il y a des usines qui ont ralenti leur achat de bois. »

Le syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent note d'ailleurs une baisse de près de 5 % du volume de bois récolté par ses membres en 2017 comparativement à 2016.

Quinze assemblées de secteur sont prévues en mars sur tout le territoire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

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