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La victoire des libéraux de Justin Trudeau fait naître des attentes

Le monde municipal se frotte les mains au lendemain de l'élection du Parti libéral du Canada (PLC) à la tête du pays. Les milieux économiques se montrent satisfaits du résultat du scrutin alors que les milieux syndicaux et communautaires célèbrent la défaite du Parti conservateur.

Le monde municipal n'a pas mis de temps à rappeler au PLC ses promesses électorales. Justin Trudeau, a promis de doubler les investissements en infrastructures en y injectant 125 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années.

Un gouvernement libéral ferait passer ces investissements en infrastructures de 65 à 125 milliards de dollars. Le cadre financier du PLC prévoit un déficit budgétaire de 10 milliards de dollars au cours de ses deux premiers exercices financiers avant de se résorber légèrement en 2018-2019 et de revenir à l'équilibre l'année suivante.

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) se sont notamment réjouies du changement de garde à Ottawa. L'UMQ a rappelé les engagements du PLC « en matière d'investissements dans les infrastructures et le transport collectif, de bonification du logement social et de lutte contre l'itinérance, de soutien à l'industrie et aux régions forestières ».

La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, a soutenu qu'il fallait investir sans délai dans les infrastructures et les transports collectifs. Mme Roy estime qu'il faut signer des ententes rapidement afin que les villes aient accès aux fonds promis et planifient leurs travaux en conséquence.

Le chef libéral s'était également engagé à maintenir la livraison du courrier à domicile alors que le gouvernement conservateur en avait annoncé la fin. Une décision qui avait provoqué un affrontement avec le maire de Montréal, Denis Coderre.

Le maire de Montréal avait détruit une dalle de béton que Postes Canada avait coulé dans un parc en prévision d'y installer une boîte postale.

Le maire de Laval, Marc Demers, a joint sa voix au deux fédérations pour rappeler les engagements de M. Trudeau en matière d'infrastructures. « M. Trudeau a également vu l'urgence d'investir massivement dans toutes les infrastructures à l'échelle du pays, a déclaré M. Demers. En ce sens les villes et notamment Laval, ne pourront sortir que gagnantes de cette nouvelle volonté du gouvernement fédéral. »

Les regroupements municipaux ont également souligné l'importance qu'ils accordent au « respect des pouvoirs municipaux dans les projets sous réglementation fédérale ».

Le milieu syndical célèbre la défaite conservatrice

Les milieux syndicaux se réjouissent quant à eux de la défaite du gouvernement conservateur sans se réjouir de la victoire du PLC. « Nous devons nous assurer que Justin Trudeau respecte ses promesses d'abroger les lois antisyndicales (C-525 et C-377), d'annuler les changements visant les fonds de travailleurs et ceux apportés à l'assurance-emploi en 2012, et de rétablir le financement de Radio-Canada pour assurer sa pérennité », a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Le président de la CSN a rappelé que le PLC se retrouvait dans l'embarras à la suite des « allégations de lobbying illégal de leur ancien coprésident de campagne », Daniel Gagnier, auprès de TransCanada ». La centrale syndicale a également expliqué sa méfiance en rappelant que le PLC était à l'origine du scandale des commandites.

« Les Canadiens et Canadiennes ont fait leur choix : ils ont rejeté les conservateurs de Stephen Harper et voté en faveur du changement », a déclaré l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) par voie de communiqué. « L'AFPC exhorte le nouveau gouvernement à rétablir les services publics et ses relations avec les fonctionnaires fédéraux », a déclaré l'AFPC.

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada également célébré la défaite conservatrice. « Par le passé, le Parti conservateur a ciblé les travailleurs de l'état en limitant leur pouvoir de négociation, il a amputé nos régimes de retraite, il a coupé dans nos congés de maladie en plus de refuser de consulter ses agents de première ligne avant de prendre des décisions touchant le milieu carcéral, a déclaré le président du syndicat UCCO-SACC-CSN, Kevin Grabowsky. « [Le syndicat] poursuivra son combat contre les injustices perpétrées par le gouvernement précédent. »

« Les résultats de l'élection de ce soir offrent aux Canadiens l'occasion de reconstruire leur pays, a déclaré hier le président national d'Unifor, Jerry Dias. « Les Canadiens ont signifié clairement aux conservateurs de Harper que leur programme ne servait pas leurs intérêts et ne satisfaisait pas leurs besoins », poursuit le communiqué du syndicat.

Les patrons satisfaits de l'élection du PLC

L'élection d'un gouvernement du Parti libéral satisfait l'ensemble des intervenants socio-économiques du pays, à l'exception des pétrolières, qui s'inquiètent des politiques environnementales à venir.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), tout en félicitant le chef du PLC Justin Trudeau, a profité de l'occasion pour rappeler au futur gouvernement son engagement envers les petites et moyennes entreprises (PME).

La FCEI invite, par voie de communiqué, le futur gouvernement à « tenir la promesse de réduire le taux d'imposition des petites entreprises, alléger le fardeau des taxes sur la masse salariale, améliorer l'accès à la main-d'œuvre et mieux arrimer la formation aux besoins des PME ».

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a également salué l'élection de M. Trudeau.

« Les employeurs du Québec invitent le nouveau gouvernement à tout mettre en œuvre pour favoriser une plus grande prospérité, partout au Canada, et encouragent tous les élus à investir leurs efforts pour faire du développement économique une priorité fondamentale, dans la perspective de placer le Canada en position de créer durablement de la richesse pour financer les dépenses de l'État sans accroître le fardeau fiscal », a déclaré le président-directeur général du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

Pour sa part, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se félicite de l'élection d'un gouvernement majoritaire, « gage de stabilité et de prévisibilité ».

Par voie de communiqué, la FCCQ invite Justin Trudeau, qui entend doubler les investissements en infrastructures, « à le faire de manière judicieuse et dans un esprit de collaboration avec les provinces ».

« Le Canada est à un carrefour. Autant en matière d'infrastructures, de fiscalité et d'entrepreneuriat, le gouvernement doit agir comme accompagnateur et facilitateur au nom du développement économique », poursuit Mme Bertrand.

Premières Nations : réduire les inégalités

L'Assemblée des Premières Nations a félicité le premier ministre désigné, Justin Trudeau, pour sa victoire électorale. Du même souffle, elle réclame des actions immédiates afin de réduire l'écart du niveau de vie entre les Autochtones et les autres Canadiens.

« Le premier ministre a parlé, dans son discours de victoire, d'une nouvelle relation de nation à nation qui respecterait les droits reconnus dans les traités, a dit le chef national Perry Bellegarde. Nous sommes prêts à travailler à bâtir un pays plus fort pour chacun d'entre nous. »

Le milieu communautaire se félicite également de la défaite du gouvernement de Stephen Harper. Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) n'est pas passé par quatre chemins pour faire connaître sa position en incluant dans son communiqué l'intertitre : « Bon débarras! ».
Le FRAPRU a parlé du règne des conservateurs à Ottawa comme d'un « désastre » dans plusieurs domaines, dont le logement, l'itinérance et de la lutte contre la pauvreté.
L'organisme communautaire s'était tout de même montré critique à l'endroit du PLC, en campagne électorale, au sujet de ses engagements en matière de lutte à la pauvreté.

« Au gouvernement Trudeau de nous donner tort », a déclaré le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, en précisant que le gouvernement devra agir de toute urgence dans le dossier de la prolongation des subventions aux logements sociaux existants. « La Société canadienne d'hypothèques et de logement prévoit elle-même que, d'ici la fin de 2015, 25 100 logements sociaux perdront les subventions qu'Ottawa leur verse depuis des décennies. Au Québec, ça devrait être 5200. »

La Fédération des coopératives d'habitation intermunicipale du Montréal métropolitain (FECHIMM) a également repris espoir avec l'élection de M. Trudeau. Elle presse le nouveau gouvernement d'agir prestement.

« Il est urgent que le gouvernement agisse afin d'éviter que des milliers de ménages à faible revenu à travers le pays soient confrontés à des hausses de loyer qui les forceront à couper dans d'autres besoins essentiels comme la nourriture et les médicaments pour payer leur logement », a déclaré le président du conseil d'administration de la FECHIMM, Luc Brisebois.

De leur côté, les milieux environnementaux se sont empressés de rappeler à M. Trudeau que des sommets environnementaux approchaient à grands pas, notamment le sommet de Paris. Les éventuelles politiques environnementales des libéraux inquiètent quant à elles les pétrolières.

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