Retour

La ville natale de Winnie l’ourson manque cruellement de logements

La petite communauté de White River, dans le Nord-Ouest de l'Ontario connaît ces jours-ci une santé financière qu'elle n'a pas eue depuis longtemps. Il y a 10 ans, la petite ville d'à peine 800 âmes a été durement malmenée par la crise dans l'industrie forestière.

Un texte de Caroline Bourdua

Sa scierie qui avait fermé ses portes, a rouvert depuis, mais des centaines de nouveaux emplois seront créés grâce à l’entrée en production de la mine aurifère Harte Gold.

Le directeur gérant de la mine, Steve Ball a tout un défi à relever.

« Notre but est d’embaucher le plus possible de la main-d’œuvre locale, mais il n’y a pas suffisamment de travailleurs pour remplir certains postes qui nécessitent plus de qualifications », dit M. Ball

La main-d’œuvre externe aura donc le choix de déménager à White River ou encore de voyager matin et soir à la mine.

Harte Gold s’est récemment porté acquéreur d’un parc à roulottes et d’une ancienne compagnie de location de chalets, pour loger cette main-d’œuvre extérieure.

Sur le site même de la mine aurifère, il n’y a pas suffisamment de place pour construire des habitations afin de loger les travailleurs et les sous-traitants.

Harte Gold a acheté des terrains et la ville a approuvé le déménagement temporaire d’un dortoir d’une cinquantaine de lits pour l’accommoder.

Le maire de White River, Angelo Bazzoni reconnaît que le logement constitue un défi dans la communauté située le long de la route transcanadienne 17.

« Notre Société de développement économique a entrepris la construction de deux maisons qui seront mises en vente sur le marché immobilier », dit-il.

De plus, la région compte 70 terrains déjà prêts à accueillir de futures résidences.

Le manque de logement à White River est d’ailleurs documenté dans un rapport publié en février 2017.

L’étude identifie les besoins en matière de logement particulièrement à cause d’une population vieillissante et d’une économie émergente.

On y lit notamment que la construction de six à dix unités pour aînés permettrait de libérer des résidences et d’attirer de nouvelles familles à White River.

Le rapport recommande aussi la construction de logement d’une et deux chambres à coucher en raison de la forte proportion de gens seuls ou vivant en couple.

Manque d’aide du gouvernement

Le maire de White River dit ne plus compter sur de l’aide gouvernementale pour notamment régler la situation du logement.

« Nous n’avons aucune aide ni aucune coopération que ce soit du gouvernement provincial ou fédéral. Je le dis ouvertement », explique M. Bazzoni

Il affirme que toute demande sous forme de prêts ou de subventions est demeurée lettre morte.

« Nous n’avons même pas reçu d’accusés de réception. Il existe un plan de croissance pour le Nord, mais White River ne semble pas en faire partie », conclut le maire Bazzoni.

Des appels ont été lancés au ministère du Développement du Nord et des Mines.

Radio-Canada attend une réponse du gouvernement.

Plus d'articles

Commentaires