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La vision d'une île « puissante » du premier ministre Wade MacLauchlan

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard veut donner une nouvelle image de marque à la province. Après les campagnes publicitaires qui mettaient en valeur les « douceurs de l'île » pour attirer les touristes, Wade MacLauchlan croit qu'il est temps maintenant de miser sur l'esprit entrepreneurial de ses concitoyens.

Wade MacLauchlan imagine une île « puissante », voire « surprenante », dans un document-cadre pour la croissance économique de sa province intitulé The Mighty Island qu'il a déposé devant l'Assemblée législative à la mi-décembre. Il y décrit sa vision pour une économie plus forte et diversifiée.

Dans un premier temps, le premier ministre veut réduire l'écart entre les importations et les exportations de la province. Un écart de plus d'un milliard de dollars par année.

S'il se félicite d'avoir réduit le déséquilibre commercial de la province d'environ 230 millions de dollars depuis deux ans, Wade MacLauchlan reconnaît qu'il y a encore beaucoup de travail à faire.

L'Île-du-Prince-Édouard est petite, mais elle a de la force. Et elle peut être surprenante.

Wade MacLauchlan, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

Dans son plan The Mighty Island, le premier ministre met beaucoup l'accent sur l'entrepreneuriat pour mousser les exportations de la province et créer des emplois à l'année longue plutôt que des emplois saisonniers. C'est la clé d'une croissance durable, selon lui.

« Lorsqu'on a parlé des douceurs de l'île, c'était pour les touristes. C'était une approche saisonnière. Ce qu'on a maintenant devant nous, c'est [un plan économique] pour les 12 mois de l'année », affirme Wade MacLauchlan.

Le premier ministre souhaite, entre autres, encourager la mise sur pied et le développement d'incubateurs-accélérateurs d'entreprises, comme le Start-Up Zone à Charlottetown et le Hub à St. Peters.

Wade MacLauchlan rappelle que les petites et moyennes entreprises représentent 32 % du produit intérieur brut de l'Île-du-Prince-Édouard. Il est important, selon lui, que la province fasse un « effort intégré pour vendre leurs produits et services » tant localement qu'à l'étranger.

Le document The Mighty Island ne s'en tient toutefois qu'à de vagues déclarations d'intentions. Aucune somme d'argent n'y est par ailleurs rattachée.

La communauté d'affaires encouragée

La communauté d'affaires de l'Île-du-Prince-Édouard se dit néanmoins encouragée par la nouvelle vision économique mise de l'avant par le premier ministre.

« Dès qu'on a des programmes et des [mesures incitatives] pour favoriser le développement des petites entreprises, c'est un bon départ. Il y a de bonnes choses qui se font chez nous. Il y a de bons entrepreneurs », affirme Martin Marcoux, porte-parole de la Chambre de commerce acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.

De l'avis de Martin Marcoux, la meilleure façon d'aider les petites entreprises est de mettre à leur disposition des fonds de démarrage.

Dès qu'on peut faire la promotion de nos produits et services, on ne peut qu'en sortir gagnant.

Martin Marcoux, porte-parole de la Chambre de commerce acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard

Le plan de croissance économique de Wade MacLauchlan exige aussi une analyse exhaustive du marché du travail et une collaboration étroite avec les établissements d'enseignement postsecondaire afin « d'intégrer davantage les initiatives d'éducation et de formation aux besoins actuels et futurs de main-d'œuvre dans les divers secteurs [économiques] de la province ».

Selon le Collège de l'Île, le défi est d'envisager l'entrepreneuriat autrement.

« Dans le passé, [la formation] dans le domaine des affaires, c'était pour les gens qui avaient choisi le domaine des affaires. Maintenant, on est appelé à envisager comment l'entrepreneuriat peut être intégré dans l'ensemble de nos programmes », explique Donald DesRoches, président du collège de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard.

Avec des informations de Jean-Luc Bouchard

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