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Le Bureau de la concurrence enquête sur de la collusion alléguée dans l'industrie du bleuet sauvage

Le bureau de la Concurrence du Canada enquête sur un complot allégué de transformateurs de bleuets qui seraient suspectés de se concerter pour fixer le prix de la livre. L'Association des producteurs de bleuets s'est réunie ce matin pour partager ces informations.

L'Association des producteurs de bleuets du nord-est du NB a réuni ce matin, a Saint-Isidore, les producteurs pour leur expliquer la situation et leur demander de collaborer avec l’enquête.

Ce qui est reproché aux transformateurs de bleuets est « de comploter entre eux pour fixer le prix de la livre » et d’enfreindre ainsi la loi sur la concurrence.

L’an dernier, le prix de la livre était tombé en dessous de la barre des 20 cents, forçant plusieurs producteurs à raser leurs champs plutôt que de produire à perte.

L’association a précisé qu’elle n’est pas qui est à l’origine de la plainte et ne sait pas qui l’a déposé. Toutefois, les producteurs rencontrés sur place ont affirmé ne pas être surpris.

Selon Jean-Guy Robichaud, un producteur de Inkerman, la situation est loin d’être nouvelle. « Ça dure depuis plusieurs années là ! Moi, je suis convaincu qu’il y a du monde [dont] le dossier est pas complètement blanc là-dessus »

Vernon Losier, un producteur de Rivière-à-la-Truite parle ouvertement de collusion. « L’année passée, on savait déjà des gens du Québec que le prix allait être 20 cents pour 2017. On le savait au mois de février ! Quand le mois de juillet est arrivé, on avait une confirmation des gens du Québec, pis Monsieur Bragg est arrivé pis a payé tout le même prix que les processeurs du Québec! Fait que regardez, si c'est pas de la collusion c’est proche en maudit. »

Du côté du Bureau de la concurrence du Canada, on confirme qu’il y a bel et bien une enquête en cours, mais on s’en tient à une déclaration écrite. « Dans le cadre de son enquête, le Bureau recueille actuellement des preuves pour établir les faits. Pour le moment, aucune conclusion n’a été tirée quant aux actes répréhensibles allégués et aucune accusation n’a été portée. S’il y a preuve de comportement contraire à la Loi, le Bureau n’hésitera pas à prendre les mesures qui s’imposent. »

On ajoute que la loi demande que les enquêtes du Bureau de la concurrence soient tenues de manière confidentielle, raison pour laquelle il ne fera aucun autre commentaire.

Oxford Frozen Food pointé du doigt

Certains producteurs font rapidement le lien avec le transformateur néo-écossais Oxford Frozen Food, basé à Bois-Gagnon, juste à côté de Saint-Isidore. Au mois de mars, la province lui a octroyé 3.75 millions $ en plus d’un prêt de 13 millions $ pour agrandir son usine et faire de la transformation de légumes.

L’entreprise n’a toutefois pas précisé quels seraient ces légumes.

Pour Louis-Philippe McGraw, le président de l’association, cela reflète tout simplement un déséquilibre de pouvoirs entre la province et l’entreprise Oxford Frozen Food.

« Si une grande entreprise peut à ce point être dans une relation déséquilibrée avec le gouvernement provincial, ben ça peut démontrer à quel point, nous, en tant que petits producteurs, autant de façon indépendante que collectivement, on est dans une relation de déséquilibre avec les transformateurs », analyse-t-il.

On ne connaît pas encore le prix de la livre de bleuets sauvages pour cette saison, mais à moins que cette enquête ne débouche sur des accusations, rien ne laisse pour l’instant croire aux producteurs que des changements surviendront.

D’après les informations d’Héloïse Bargain

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