Retour

Le Canada, 3e plus grand producteur de diamants grâce aux T.N.-O.

Le Canada se classe près du sommet de la liste des pays producteurs de diamants en raison d'une forte industrie minière dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), développée il y a seulement une vingtaine d'années.

Un texte de Geneviève Normand

Ce territoire nordique compte en tout quatre mines en exploitation : trois de diamant et une de tungstène, un métal gris blanchâtre utilisé notamment pour créer des filaments d'ampoule.

L'industrie minière dans les Territoires du Nord-Ouest est le principal domaine d'activité économique dans le secteur privé. La ville de Yellowknife porte même le titre de capitale nord-américaine du diamant.

Voisins septentrionaux de l'Alberta, les Territoires exploitent aussi le pétrole et le gaz naturel. Outre les emplois au gouvernement, le secteur minier est celui qui embauche le plus de travailleurs.

« Avant 1991, personne n'avait imaginé qu'il y aurait des mines de diamant dans les Territoires du Nord-Ouest, a expliqué le directeur général de la Chambre des mines des T.N.-O et du Nunavut, Tom Hoefer. « Des géologues y croyaient et ils ont trouvé un gros champ de diamant à environ 300 km au nord-est de Yellowknife. »

Les trois mines de diamant sont toutes devenues opérationnelles à cinq ans d'intervalle. La première a vu le jour en 1998, la seconde en 2003 et la troisième en 2008.

Le développement minier dans les Territoires aide forcément le gouvernement à garnir ses coffres par les impôts des sociétés et par le système des redevances minières. « Les mines de diamant ont rapidement haussé l'emploi, les dépenses des entreprises et les revenus du gouvernement », a affirmé M. Hoefer.

Selon l'organisme, les trois mines de diamant permettent d'embaucher quelque 3000 travailleurs dans les T.N.-O, une région de plus d'un million de kilomètres carrés qui regroupe une population de 44 000 résidents.

De ce nombre, il est estimé que la moitié sont des travailleurs du Nord, et l'autre moitié des travailleurs de l'extérieur, surtout de l'est du pays. Un travailleur sur quatre serait autochtone.

Le défi de l'accessibilité

Les mines de diamant dans le Nord canadien sont très éloignées. Il n'y a pas de routes pour y accéder. Les travailleurs doivent s'y rendre notamment en hélicoptère. « Les travailleurs prennent un vol en provenance de différentes communautés », a expliqué M. Hoefer.

Certaines mines sont cependant accessibles par une route de glace. Les Territoires du Nord-Ouest comptent un réseau de 2 100 kilomètres de routes de glace, comparativement à 2 200 kilomètres de routes ordinaires.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

De nouveaux projets à l'horizon

Les perspectives économiques 2014-2015 du gouvernement territorial prévoyaient quelques années de croissance limitée; le pic de production dans les mines de diamant ayant déjà été atteint.

Les mines de diamant ne sont pas éternelles. D'ici les huit prochaines années, deux d'entre elles auront été exploitées à leur plein potentiel.

La mine Diavik, qui produit le plus de diamants, devrait fermer en 2023 et la mine Ekati, la plus grosse et la première au Canada, pourra être exploitée pendant encore cinq ans.

Une quatrième mine de diamant, appelée De Beers' Gahcho Kué, et trois autres mines de métaux sont toutefois en construction dans les Territoires du Nord-Ouest, ce qui laissait croire le Conference Board du Canada, en 2014, que l'économie territoriale allait progresser de 2016 à 2019. L'organisme national prévoit également un nombre croissant de travailleurs au cours des cinq prochaines années dans les T.N.-O.

Les quatre projets en cours doivent entrer en exploitation au cours de la prochaine décennie.

Les diamants issus des Territoires du Nord-Ouest sont surtout utilisés dans l'industrie joaillière.

Plus d'articles

Commentaires