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Le Canada devrait agir contre la surchauffe immobilière, selon l'OCDE

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) recommande au Canada d'en faire davantage pour limiter les risques associés à la surchauffe des marchés immobiliers, qui touche particulièrement Toronto et Vancouver.

Comme d'autres institutions internationales avant elle, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) propose que les mesures fédérales mises en place à partir de l'année dernière au Canada soient resserrées. Celles-ci comprennent de nouvelles normes imposées aux prêteurs hypothécaires et aux assureurs de créances.

L'OCDE, dont le siège est à Paris, estime ainsi qu'Ottawa devrait « recourir plus largement à des mesures macroprudentielles, en particulier à certains instruments tels que le plafonnement des ratios dette-revenu », qui pourrait être plus restrictif dans les régions où la bulle immobilière est plus présente.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international tenait sensiblement le même discours au sujet de la surchauffe immobilière.

L'OCDE est par ailleurs critique face à la taxe imposée récemment par l'Ontario sur les acquisitions immobilières par des résidents étrangers, pour lutter contre la spéculation à Toronto, comme l'avait fait la Ville de Vancouver en août 2016. L'Ontario a d'autre part resserré l'encadrement des loyers dans la province.

« La hausse des prix des logements [en Ontario] connaîtra probablement un court répit, mais les prix devraient repartir à la hausse sous l'effet de la spéculation, cependant que le développement des loyers encadrés risque de décourager l'offre de logements locatifs », estime l'OCDE. « L'insuffisance de l'offre locative pourrait entraver la mobilité de la main-d'oeuvre (en particulier parmi les plus modestes et les jeunes) et, ce faisant, accroître le coût et la durée du processus d'adaptation à la mondialisation. »

Le gouvernement fédéral a adopté plusieurs mesures au cours des dernières années pour assagir le marché immobilier, notamment resserrer l'accès au crédit hypothécaire, augmenter le paiement initial sur une maison et réduire la période d'amortissement.

Croissance doublée en 2017

L'OCDE croit par ailleurs que les investissements d'Ottawa dans les infrastructures physiques, le logement social, l'éducation et l'innovation aideront le Canada « à s'adapter à la mondialisation de façon à la fois inclusive et efficiente ».

« Les pressions liées à cette adaptation devraient être plus fortes dans les secteurs concernés si le virage protectionniste de la politique commerciale des États-Unis se confirme », note cependant l'OCDE. À ce chapitre, l'organisation évoque notamment la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et les droits compensatoires récemment imposés sur le bois d'oeuvre canadien.

L'OCDE prévoit que le produit intérieur brut (PIB) du Canada progressera de 2,8 % en 2017 (le double de la croissance de 1,4 % enregistrée en 2016), et de 2,3 % en 2018. Ces prévisions comportent un risque lié à une éventuelle « correction désordonnée » des marchés immobiliers de Vancouver et Toronto, souligne l'organisme.

« Une telle correction porterait un coup à l'investissement résidentiel, à la richesse des ménages et à la consommation. Un choc suffisamment important pourrait même menacer la stabilité financière. »

De son côté, la Banque du Canada a porté sa prévision de croissance pour 2017 de 2,1 % en janvier dernier à 2,6 %, en avril.

Pour les États-Unis, la hausse du PIB prévue cette année par l'OCDE est de 2,1 %, donc un peu moins grande qu'au Canada. À l'échelle mondiale, l'OCDE s'attend à une hausse du PIB de 3,5 % cette année et de 3,6 % en 2018, comparativement à une augmentation de 3,0 % en 2016.

L'organisation a en outre noté que les entreprises et les consommateurs des pays membres de l'OCDE se montraient de plus en plus confiants et que leur marché du travail et leur activité commerciale connaissaient des reprises.

Malgré tout, l'économiste en chef de l'OCDE, Catherine Mann, a estimé que les « responsables de l'action publique [devaient] se garder de tout excès d'optimisme. Selon le groupe, diverses incertitudes persistent en ce qui a trait aux politiques gouvernementales de certains grands pays et les salaires ne croissent toujours pas autant qu'espéré.

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