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Le Canada est prêt à un retrait éventuel des États-Unis de l’ALENA

Une source gouvernementale a confirmé à Radio-Canada que le Canada considère qu'il est de plus en plus probable que le président Donald Trump retire les États-Unis de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Selon ce qu'auraient confié deux sources gouvernementales à l'agence de presse Reuters, le chef de la Maison-Blanche pourrait l'annoncer dès la fin du mois, lors de la sixième et avant-dernière session de négociations prévue à Montréal. Cet avis, qui doit être remis par écrit aux autres pays membres de l'entente, pourrait mener au retrait des États-Unis six mois plus tard, soit à l'été 2018.

« Si ça arrive, on est prêts », a confié la source à Radio-Canada, en laissant entendre que le Canada avait un plan B, mais sans en dire plus.

Et selon ce qu'a appris CBC, le Canada devrait rester à la table de négociations, même si les États-Unis annoncent leur retrait, car le gouvernement canadien estime toujours que les pourparlers peuvent mener à des résultats positifs.

Des menaces prises au sérieux

La source gouvernementale qui s'est confiée à Radio-Canada a aussi indiqué que le Canada a toujours pris les menaces du président américain au sérieux.

Déjà, en campagne électorale, Donald Trump avait dénoncé la politique commerciale de ses prédécesseurs, affirmant que les accords de libre-échange, l'ALENA en tête, nuisaient aux échanges commerciaux, à la compétitivité et à l'emploi aux États-Unis. Il avait ainsi contraint le Canada et le Mexique à venir renégocier les termes de l'accord, qui date de 1994. Il avait aussi affirmé en avril que « si nous ne parvenons pas à un accord équitable pour tous, nous mettrons un terme à l'ALENA ».

Les ministres canadiens, ainsi que le chef de l'opposition, Andrew Scheer, ont l'intention de continuer à tenter de convaincre la Maison-Blanche, les gouverneurs et les avocats américains des avantages de l'ALENA.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a d'ailleurs rencontré mardi des membres du Congrès américain à Washington pour leur demander de s'opposer au président Trump. Elle doit donner plus d’informations au sujet du possible retrait américain aux membres du Conseil des ministres, lors d'une rencontre qui se déroulera jeudi et vendredi à London, en Ontario.

La question d'un éventuel retrait des États-Unis est revenue à la surface au moment même où on apprend que le Canada a déposé une plainte formelle à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour dénoncer les mesures commerciales protectionnistes imposées par les États-Unis.