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Le Canada exempté des tarifs sur l’aluminium, les réactions sont mitigées

Les réactions sont nombreuses à la suite de l'annonce du président américain Donald Trump d'exempter le Canada et le Mexique des droits de douane sur l'acier et l'aluminium.

Le président de l'Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard qualifie de pas dans la bonne direction, la décision de Donald Trump d'exempter temporairement l'aluminium canadien d'une surtaxe de 10 %.

Ce dernier rappelle cependant que l'objectif de son association est d'obtenir une exemption permanente. L'imposition de droits de douane de 10 % sur l'aluminium canadien se traduirait par une hausse de coûts de 700 millions de dollars pour l'industrie manufacturière américaine.

« Comme il n’y a pas d’issue prévisible au moment où on se parle, ça veut dire que les investissements demeurent sur la glace. Ces décisions d’affaire à prendre, pas seulement chez les grands producteurs, mais des PME du Québec qui exportent vers les États-Unis. Tout est sur la glace présentement, alors c’est très mauvais, c’est très néfaste pour l'environnement d’affaire sur le plan décisionnel » , explique M.Simard

Il ajoute qu’une telle taxe ne règle pas le problème de la surproduction d'aluminium en Chine

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA) Alain Gagnon se dit quant à lui partisan de la ligne dure envers les États-Unis.

Appelé à commenter la volte-face du président Donald Trump qui aurait décidé de soustraire temporairement le Canada des surtaxes sur les importations d’aluminium et d’acier, le chef syndical souhaiterait que le Canada taxe des produits américains vendus au pays.

Il suggère que le gouvernement Trudeau cible des états américains majoritairement républicains qui ont voté pour Donald Trump lors de l’élection présidentielle de novembre 2016.Alain Gagnon croit que l’économie de notre voisin du Sud y perdrait au change si une surtaxe américaine devait être imposée à l’aluminium provenant du Canada. Certains produits risquent de coûter plus cher aux États-Unis, sans compter les pertes d’emplois.

Il estime que le Canada devrait se retirer des discussions touchant la renégociation de l’ALÉNA, puisque les Américains sont « de mauvaise foi ».

« On met tout sur la table ou on ne met rien, sans ça, ça ne marche pas. Après ça va être quoi? On va avancer dans l’ALÉNA puis il va faire d’autre chose. Moi, je pense qu’il [le Canada] devrait se retirer », souligne Alain Gagnon.

Pour sa part, le président du Syndicat des employés de l’aluminerie d’Alma, Alexandre Fréchette, souhaite que le premier ministre Trudeau négocie avec les Américains et défende l’industrie de l’aluminium.

Selon lui, le problème dans le secteur de l’aluminium provient de la Chine. Il croit que c’est le métal de ce pays qui devrait être taxé par les États-Unis.

Réaction politique

De son côté la députée NPD de Jonquière Karine Trudel affirme que le président Trump tente de faire avaler une couleuvre au Canada en opposant nos intérêts dans l'ALÉNA à l'exportation d'acier et d'aluminium. Une situation qui force le Canada à choisir entre l’un et l'autre.

Elle s’inquiète des répercussions qu’une telle taxe pourrait avoir sur l’économie de la région.

« L’inquiétude et l’incertitude persistent pour les travailleurs et la population de la région. [...] Le Saguenay-Lac-Saint-Jean produit environ 15 % de la production canadienne totale. Une surtaxe pourrait avoir un effet qui se répercute dans toute la chaîne des produits de l’aluminium », souligne la députée.

Selon la députée, ces deux dossiers sont entièrement distincts et le gouvernement libéral doit être vigilant et plus transparent dans ses négociations.

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