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Le Canada ne veut pas « n’importe quel accord » sur le bois d’œuvre

La ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, affirme que le Canada est « prêt à des négociations réelles » avec les États-Unis sur le dossier du bois d'œuvre.

Disant avoir donné « une réponse très forte » aux Américains à ce sujet, elle a fait savoir que son gouvernement voulait « un bon accord » et « pas n’importe quel accord ».

Lors d’un court point de presse après son allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), la ministre a admis que « l'enjeu du bois d'œuvre, historiquement, a toujours été un enjeu difficile ». Il faut, dès lors, s’attendre à « toutes les éventualités ».

Chrystia Freeland a défendu le régime forestier québécois, qu'elle a qualifié d'« équitable », en réponse aux interlocuteurs américains qui prétendent que les Canadiens et les Québécois bénéficient de subventions et cherchent à imposer des droits compensatoires aux États-Unis.

La ministre devait rencontrer les représentants de l'industrie forestière québécoise, qui réclament une aide financière des gouvernements en attendant que soit réglé le litige commercial avec les États-Unis.

L'entente sur le bois d'oeuvre étant arrivée à échéance, les entreprises québécoises craignent qu'une nouvelle taxe soit imposée pour l'accès au marché américain.

Le ministre québécois de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a laissé entendre que les discussions entre Québec et Ottawa pour faire reconnaître le régime québécois et obtenir des garanties de prêts pour l'industrie « se présentent bien ». Il a toutefois ajouté qu’il n’y a « pas de décision prise » pour le moment.

M. Blanchette a rappelé que l’industrie du bois d’œuvre fait travailler 60 000 personnes au Québec et que 220 municipalités en dépendent.

Haro sur le protectionnisme

Devant le CORIM, la ministre du Commerce international est longuement revenue sur la question du protectionnisme, devenue encore plus lancinante depuis l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Nous vivons une période extrêmement protectionniste, probablement la plus protectionniste à l'échelle internationale qu'il m'a été donné de voir.

La ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland

Mme Freeland ne veut pas baisser les bras pour autant, comptant notamment sur l’effort d’explication. Il s'agit d'expliquer aux Américains la relation « très spéciale » entre le Canada et les États-Unis, d'autant plus qu'il y a « 35 États américains pour lesquels le Canada est le premier marché d’exportation ».

Elle a fait preuve du même optimisme sur le sort de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne.

« Nous n'y sommes pas encore. On attend encore sa ratification par le Parlement européen, mais l'accord est signé », a-t-elle mentionné.

De façon générale, la ministre s’attend à une année 2017 « compliquée » pour tous les pays, dont le Canada, liés par des accords de commerce international.

Elle soutient toutefois que le Canada devrait s'en sortir à bon compte, en raison de son ouverture, au moment où des pays ferment la porte à des investissements étrangers.

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