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Le Canada perd du terrain dans la construction de voitures vertes

Alors que le gouvernement ontarien prévoit octroyer 85 millions de dollars à Fiat-Chrysler Canada pour son centre de recherche et de développement de Windsor, le Canada demeure à la traîne lorsqu'il est question de véhicules électriques et hybrides.

« Seulement deux modèles de voiture hybride sont assemblés au Canada, soutient le professeur Tony Faria de l'Université de Windsor. Et le pays n'attire qu'un faible 4 % des investissements mondiaux, parce que d'autres pays offrent des milliards de dollars en subventions aux constructeurs. »

Pour M. Faria, l'investissement annoncé par le gouvernement le 14 juin est un pas important pour l'avenir de ces nouvelles technologies et permettra de rendre ces véhicules plus accessibles pour les clients. Mais beaucoup de travail reste à faire.

Les consommateurs veulent des véhicules de moins en moins polluants, croit la première ministre ontarienne Kathleen Wynne. « Le secteur de l'auto en Ontario doit s'adapter, ou disparaître », dit-elle.

Selon Mme Wynne, investir dans la recherche et le développement est une façon de s'affirmer en tant que meneurs. « Oui, ça passe par des usines d'assemblage, [mais] c'est [aussi] en développant des produits de demain », ajoute-t-elle.

Une vision que partage l'ex-vice-président de Toyota Canada Ray Tanguay.

« Certaines voitures sont plus complexes à programmer qu'un avion de ligne. Alors on a besoin de plus d'ingénieurs, de plus d'éducation. Et quand on se compare au Mexique et au sud des États-Unis, on a plus de talent dans ces domaines-là », soutient M. Tanguay, aujourd'hui conseiller spécial pour le gouvernement fédéral dans le secteur de l'automobile.

M. Tanguay croit tout de même qu'il est important d'avoir ses propres usines d'assemblage au Canada afin d'attirer les investissements et de se démarquer de la compétition, particulièrement celle du sud des États-Unis.

Pour l'instant, le gouvernement canadien tarde à choisir une orientation claire pour soutenir et développer le secteur de l'automobile au pays. « On ne semble pas prêt à faire tout ce qu'il faut pour attirer tous ces investissements. Nous n'avons toujours pas de politique solide pour cette filière », rappelle M. Faria.

Le gouvernement Trudeau doit dévoiler une nouvelle stratégie d'investissement dans le secteur de l'automobile d'ici 2017.

Avec les informations de Christian Noël.

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