Retour

Le cannabis ne sera pas très profitable, prévoit la régie des alcools de la N.-É.

La légalisation du cannabis à usage récréatif devrait apporter des revenus additionnels de 87 millions de dollars à la régie des alcools de la Nouvelle-Écosse (NSLC). Mais après soustraction des dépenses, il ne devrait pas rester beaucoup de profits, selon la société de la Couronne.

« Les marges [bénéficiaires] que nous attendons dans la catégorie du cannabis sont beaucoup plus minces que pour l’alcool », déclare Dave DiPersio, vice-président à la régie des alcools, qui sera chargée de la vente du cannabis à usage récréatif.

En fait, le budget d’exploitation de la société prévoit, pour l’année financière en cours, des revenus de 233,6 millions de dollars, comparativement à 239 millions l’an dernier.

Une partie de l’explication réside dans le fait que la filière d’approvisionnement du cannabis n’est pas encore pleinement fonctionnelle, selon M. DiPersio. Ses coûts devraient diminuer à mesure qu’elle atteint son rythme de croisière et qu’elle devient plus efficace, dit-il.

D’autre part, la régie des alcools ne pourra pas fixer un prix trop élevé pour le cannabis parce qu’elle devra tenir compte du marché noir.

La NSLC prévoit tout de même des ventes de 12 millions de grammes de cannabis en 2018-2019, en se fondant sur des consultations avec des producteurs et sur l’expérience d’États comme le Colorado, où la marijuana est déjà légale.

Autres coûts

La légalisation prochaine du cannabis entraîne d’autres coûts importants à court terme, rappelle M. DiPersio. Il faut rénover des magasins, embaucher des employés, et ouvrir un centre d’entreposage et de distribution.

Bref, la régie n’est pas en mesure de dire si le cannabis lui permettra, un jour, d’accroître ses profits. « Ça va prendre quelques années avant qu’on y voie clair », affirme M. DiPersio.

Des coûts pour la province aussi

Le gouvernement provincial ne prévoit pas, lui non plus, de grandes recettes provenant des ventes de cannabis même si, dans son récent budget, il a projeté 19,4 millions de dollars en taxes sur le cannabis.

Le premier ministre Stephen McNeil a déclaré, après le dépôt du budget, que dans la colonne des coûts, il fallait tenir compte de la publicité, de la formation des policiers et de l’achat d’équipement qui leur permettront de contrôler les automobilistes soupçonnés de conduite avec les facultés affaiblies par la marijuana.

La Nouvelle-Écosse négocie toujours avec Ottawa pour recevoir une compensation de ces coûts.

D'après des informations de Jean Laroche et de Michael Gorman, CBC