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Le chantier naval de Bas-Caraquet a un nouveau directeur général

Il s'agit de Donat McGraw, un fonctionnaire d'expérience du ministère de l'Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches en poste à Caraquet depuis plusieurs années. Cette nomination semble généralement bien acceptée dans le milieu de la construction et la réparation navale.

Le gouvernement provincial s'est porté acquéreur du chantier, qui était en difficulté financière, en août dernier.

Le propriétaire de Friolet services maritimes, à Bas-Caraquet, René Friolet, a parfois été très critique envers la gestion passée du chantier naval. Il avait vertement dénoncé l'ancienne entente d'affaires, à son avis trop généreuse, entre les dirigeants du chantier et l'entreprise Groupe Océan. Aujourd'hui, il applaudit l'arrivée de Donat McGraw à la tête du centre naval.

« Moi je pense que c'est une excellente nouvelle, lance-t-il. Donat a l'expérience nécessaire pour gérer ce genre d'entreprise. Ça fait 25 ou 30 ans qu'on travaille avec lui au ministère des Pêches. Il connaît sa matière. »

Lundi, alors que Groupe Océan entreprenait son grand retour au chantier de Bas-Caraquet pour reprendre les travaux de construction de son immense cale sèche flottante, Donat McGraw s'est rendu sur place pour rencontrer les responsables de l'entreprise. Mercredi, il doit discuter avec des dirigeants de Construction navale atlantique, l'autre principal locataire des installations.

À Fredericton, la Société de développement régional se fait pour l'instant discrète sur le mode de gestion qui sera mis en place au chantier de Bas-Caraquet. Y aura-t-il un conseil d'administration? Des représentants de Groupe Océan y siègeront-ils, comme c'était le cas dans le passé? Un responsable fait savoir que les questions de la gouvernance du chantier sont en train d'être étudiées ces jours-ci.

Avant le sauvetage du chantier par le gouvernement provincial, le Centre naval du Nouveau-Brunswick était géré par un conseil d'administration, présidé par Michel Beaudry, un consultant qui résidait au Québec.

La fin des secrets?

Le ministre responsable de la Société de développement régional, Donald Arseneault, a récemment levé le voile sur certaines parties de l'entente entre le gouvernement provincial et Groupe Océan. Certains avantages qui avaient auparavant été consentis à cette entreprise ont été éliminés et le prix de location du chantier a doublé. Mais l'entente dans son ensemble n'a pas été dévoilée publiquement.

La nouvelle entente avec Groupe Océan sera-t-elle dévoilée en tout ou en partie? À la Société de développement régional, le porte-parole Bruce McFarlane indique que la province est en train de voir avec l'entreprise quels éléments de cette entente revue et corrigée pourraient être dévoilés.

De son côté, Groupe Océan fait savoir qu'elle a des raisons de croire que certaines informations, si elles étaient rendues publiques, pourraient nuire à la fois à l'entreprise et au centre naval. « Le gouvernement a donné certains éléments, rappelle d'abord le porte-parole de Groupe Océan, Philippe Filion. C'est sûr que de telles ententes, pour nous, même si c'est signé par le gouvernement, contiennent beaucoup d'informations concurrentielles. On ne voudrait pas que l'ensemble de nos concurrents soit informé du nombre d'heures qu'on met sur telle chose, nos coûts, etc. Il est essentiel que la documentation qui pourrait être rendue publique, selon la décision du gouvernement, respecte les choses qui peuvent nous rendre non concurrentiels. Je ne sais pas si des demandes d'accès à l'information ont déjà été faites, je ne contrôle pas ça. Mais ça va être la décision du gouvernement selon ses lois et procédures. »

Avant que n'éclate au grand jour l'affaire des difficultés financières du centre naval, certains responsables parlaient de « petits détails », sans vouloir expliquer de quoi il s'agissait. Derrière les difficultés financières apparentes du chantier, il a ensuite été révélé qu'il n'était pas question de détails, mais d'un gouffre de plusieurs millions de dollars.