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Le fabricant du FCKD UP invite les détaillants à « ne pas paniquer »

Dans une lettre à ses partenaires, le Groupe Geloso, fabricant de la boisson alcoolisée FCKD UP, insiste sur le fait que des changements légaux au Québec touchant ce type de produits ne seront effectifs que cet été, ajoutant, à l'attention des détaillants, que « tous les produits que vous avez en stock actuellement demeurent 100 % légaux et peuvent être vendus sur vos étagères ».

« Par ailleurs, si le projet de loi est adopté tel quel (cet été seulement), il identifiera clairement une date d'entrée en vigueur qui, bien entendu, sera respectée par le Groupe Geloso », ajoute la lettre obtenue par Radio-Canada, intitulée « Ne pas paniquer ».

Dans une déclaration transmise aux médias, vendredi, Geloso réaffirme que le 4 mars dernier, il a « immédiatement cessé la production de cette boisson » et « cessé la vente de ce produit aux détaillants autorisés et détenteurs de permis émis par la Régie ».

Réagissant à la lettre du Groupe Geloso à ses partenaires, le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, a vertement critiqué l'entreprise.

Le directeur général de l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais, n'a pas vu la lettre de Geloso. À l'instar du groupe, il voit les inventaires de boissons FCKD UP comme des produits légaux, que les marchands ont payés.

Le 4 mars dernier, quelques jours après la mort accidentelle de la jeune Athena Gervais, Geloso avait annoncé qu’il arrêtait de produire la boisson sucrée alcoolisée FCKD UP et que les bouteilles en circulation seraient retirées des étalages « le plus rapidement possible ».

Le coprésident du groupe, Aldo Geloso, avait déclaré : « J’annonce donc, dès ce soir, que le Groupe Geloso entreprendra les démarches nécessaires avec ses équipes internes, les détaillants et toute l’industrie pour nous sortir complètement de cette catégorie le plus rapidement possible et j’ai ordonné à mes employés l’arrêt immédiat de la production de la boisson FCKD UP. »

« J’ai également ordonné le retrait de toutes les publicités qui la concernent. C’est la bonne chose à faire », rappelait alors M. Geloso.

Moins de deux semaines après la mort d'Athena Gervais, le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé qu'il prenait les moyens de retirer les boissons sucrées à haute teneur en alcool des dépanneurs et des épiceries.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a précisé que la réglementation prendrait la forme d'un amendement au projet de loi 170 sur la modernisation de la Loi sur les permis d'alcool.

L’amendement fera en sorte que toutes les boissons sucrées à base de malt contenant plus de 7 % d’alcool seront vendues seulement par la Société des alcools du Québec (SAQ). Le projet de loi devrait être adopté d’ici la fin de la session parlementaire en cours, qui se termine en juin.

À l'heure actuelle, des boissons sucrées dont le taux d’alcool atteint près de 12 %, soit l’équivalent de quatre verres de vin par canette, sont en vente dans les dépanneurs et les épiceries du Québec. Ces boissons fortes, commercialisées pour séduire les jeunes, avaient fait l’objet de nombreuses critiques et mises en garde de la part de groupes de prévention qui déploraient plusieurs cas d'ivresse.

Un récent rapport de l'Institut national de santé publique sur les Intoxications aiguës à l’alcool et boissons sucrées alcoolisées fait un constat alarmant : « Entre le 1er janvier et le 26 novembre 2017, 7055 personnes se sont présentées aux urgences pour cette raison. Parmi eux, 2332 cas concernaient des jeunes âgés de 12 à 24 ans, ce qui représente chez ces derniers 214 cas par mois, 49 cas par semaine ou 7 cas par jour. À noter qu’on dénombre 485 cas chez des jeunes qui n’ont pas l’âge légal de se procurer de l’alcool. »

Avec la collaboration de Dominique Brunet Vaudrin